Chat qui éternue : causes banales et signes d’alerte

Dans cet article

  • Un éternuement occasionnel chez le chat est normal : poussière, parfum ou courant d’air suffisent à irriter ses muqueuses nasales.
  • Des éternuements répétés sur plus de 24 à 48 heures, surtout avec écoulement nasal ou oculaire, doivent alerter.
  • Le coryza félin (herpèsvirus, calicivirus) est la première cause infectieuse d’éternuements chroniques, responsable de 80 % des cas infectieux.
  • Un corps étranger nasal (brin d’herbe, épillet) provoque des éternuements violents et soudains, souvent unilatéraux, nécessitant une extraction vétérinaire.
  • Les allergies environnementales (pollen, acariens, litière parfumée) sont une cause sous-estimée, surtout chez les chats d’intérieur.
  • Consultez en urgence si saignement nasal, détresse respiratoire, refus de manger ou éternuements chez un chaton de moins de 3 mois.

En douze ans de pratique vétérinaire à Limoges, je reçois chaque semaine des propriétaires inquiets parce que leur chat éternue. La plupart du temps, il s’agit d’une irritation passagère, exactement comme lorsque nous éternuons après avoir respiré du poivre. Mais parfois, ces éternuements cachent un problème plus sérieux qui mérite toute notre attention. Dans cet article, je vous explique comment faire la différence entre un éternuement banal et un signe d’alerte, quelles sont les causes possibles et quand il faut absolument consulter.

L’éternuement chez le chat : un réflexe de défense naturel

L’éternuement est un réflexe protecteur parfaitement normal. Lorsqu’une particule irritante entre dans les voies nasales du chat, les terminaisons nerveuses de la muqueuse déclenchent une expulsion brutale d’air pour évacuer l’intrus. Ce mécanisme est identique chez l’humain et chez tous les mammifères.

Le nez du chat est un organe remarquablement sensible. Avec environ 200 millions de récepteurs olfactifs (contre 5 millions chez l’humain), ses muqueuses nasales réagissent à des concentrations infimes de substances volatiles. C’est pourquoi un simple changement de litière, un nouveau désodorisant d’intérieur ou même la poussière soulevée par l’aspirateur peuvent provoquer un ou deux éternuements isolés.

En consultation, j’explique souvent aux propriétaires cette règle simple : un chat qui éternue une à trois fois puis reprend ses activités normalement n’a généralement aucun problème. C’est lorsque les éternuements deviennent fréquents, persistants ou s’accompagnent d’autres symptômes qu’il faut s’interroger.

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Chat présentant des éternuements répétés en consultation

Les causes banales d’éternuement chez le chat

Avant de vous inquiéter, passons en revue les causes bénignes les plus courantes que je rencontre au quotidien en clinique.

Irritants environnementaux

C’est la cause numéro un des éternuements ponctuels. Votre chat peut éternuer à cause de :

  • La poussière de litière : les litières minérales très fines sont particulièrement irritantes. Je recommande souvent de passer à une litière végétale agglomérante, moins poussiéreuse.
  • Les produits ménagers : sprays désodorisants, bougies parfumées, encens, produits d’entretien. Les chats y sont bien plus sensibles que nous.
  • La fumée de cigarette : un facteur d’irritation chronique souvent sous-estimé, qui peut aussi favoriser l’apparition de pathologies respiratoires graves.
  • Le pollen et les moisissures : comme chez l’humain, certains chats présentent une sensibilité saisonnière.
  • Les courants d’air froid : un changement brusque de température peut provoquer quelques éternuements réflexes.

Chatouillements et explorations

Les chats sont des explorateurs nés. En fouillant dans un placard poussiéreux, en reniflant une fleur de trop près ou en jouant avec une plume, ils peuvent inhaler de petites particules qui déclenchent des éternuements. J’ai même vu des chats éternuer après avoir enfoui leur museau dans le pelage d’un congénère fraîchement traité avec un antiparasitaire topique.

Éternuements après vaccination

Si votre chat a été vacciné récemment, notamment avec un vaccin intranasal contre le coryza, il est tout à fait normal qu’il présente quelques éternuements pendant 24 à 72 heures. C’est une réaction locale attendue qui ne nécessite aucun traitement. Si les éternuements persistent au-delà d’une semaine, contactez votre vétérinaire.

Astuce de vétérinaire : le test de l'environnement


Si votre chat éternue soudainement et que rien d’autre ne semble anormal, passez en revue ce qui a changé récemment dans votre intérieur : nouvelle litière, nouveau produit ménager, travaux de peinture, bougie parfumée. Supprimez le facteur suspect pendant 48 heures et observez. Dans la majorité des cas que je vois en consultation, cette simple démarche suffit à résoudre le problème.

Les causes infectieuses : quand le coryza s’en mêle

Lorsqu’un chat éternue de façon répétée pendant plusieurs jours, la cause infectieuse est la première hypothèse que j’explore. Le coryza du chat est de loin l’infection respiratoire la plus fréquente en médecine féline.

Le coryza félin : le grand responsable

Le coryza est un syndrome causé par plusieurs agents pathogènes, seuls ou combinés :

  • L’herpèsvirus félin (FHV-1) : responsable de 40 à 50 % des infections respiratoires hautes. Il provoque des éternuements violents, un écoulement nasal et oculaire, de la fièvre et une conjonctivite. Comme l’herpès humain, ce virus reste latent dans l’organisme et peut se réactiver lors de stress ou de baisse d’immunité.
  • Le calicivirus félin (FCV) : il entraîne des éternuements accompagnés d’ulcères buccaux caractéristiques, de salivation excessive et parfois de boiteries.
  • Chlamydophila felis : cette bactérie cause principalement une conjonctivite, mais elle s’accompagne souvent d’éternuements et d’écoulement nasal.
  • Bordetella bronchiseptica : plus rare chez le chat que chez le chien, elle provoque une toux et des éternuements, surtout dans les collectivités (chatteries, refuges).

En clinique, je constate que les chats non vaccinés, les chatons de moins de six mois et les chats vivant en collectivité sont les plus touchés. La transmission se fait par contact direct (éternuements, sécrétions nasales, partage de gamelles) ou par l’intermédiaire de nos mains et de nos vêtements.

Comparatif des agents du coryza félin
Agent pathogène Symptômes principaux Gravité Vaccin disponible
Herpèsvirus (FHV-1) Éternuements, écoulement nasal et oculaire, fièvre Modérée à sévère Oui (vaccin de base)
Calicivirus (FCV) Éternuements, ulcères buccaux, boiterie Modérée à sévère Oui (vaccin de base)
Chlamydophila felis Conjonctivite, éternuements légers Légère à modérée Oui (optionnel)
Bordetella Toux, éternuements, écoulement nasal Légère à modérée Oui (intranasal)

Infections fongiques

Plus rares en France métropolitaine, les infections fongiques nasales (aspergillose, cryptococcose) peuvent toucher les chats immunodéprimés, notamment ceux porteurs du FIV (virus de l’immunodéficience féline). Les éternuements sont alors chroniques, souvent accompagnés d’un écoulement nasal épais, parfois sanguinolent, et d’une déformation du chanfrein dans les cas avancés.

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Examen des voies respiratoires du chat par le vétérinaire

Les autres causes d’éternuement chez le chat

Au-delà des irritants et des infections, d’autres pathologies peuvent expliquer pourquoi votre chat éternue fréquemment.

Corps étranger nasal

Un brin d’herbe, un épi de graminée ou un petit débris peut se loger dans une narine. Le chat présente alors des éternuements soudains, violents et unilatéraux (une seule narine coule). J’ai retiré des corps étrangers surprenants au fil de ma carrière : des brins de laine, des morceaux de croquettes coincés, et même un petit fragment de jouet. L’extraction nécessite souvent une rhinoscopie sous anesthésie générale.

Polypes nasopharyngés

Les polypes sont des excroissances bénignes qui se développent dans le nasopharynx ou l’oreille moyenne. Ils touchent surtout les jeunes chats et provoquent des éternuements chroniques, des ronflements, une respiration bruyante et parfois des otites. Le traitement est chirurgical, et le pronostic est généralement excellent après l’intervention.

Tumeurs nasales

Chez les chats âgés de plus de dix ans, des éternuements chroniques unilatéraux associés à un écoulement nasal sanguinolent doivent faire suspecter une tumeur nasale. Le lymphome nasal est la tumeur la plus fréquente dans cette localisation chez le chat. Le diagnostic repose sur l’imagerie (scanner) et la biopsie. Détectées tôt, certaines de ces tumeurs répondent bien à la radiothérapie.

Problèmes dentaires

Ce lien surprend souvent les propriétaires. Les racines des canines et des prémolaires supérieures du chat sont très proches des cavités nasales. Un abcès dentaire, une maladie parodontale avancée ou une fistule oro-nasale peuvent provoquer des éternuements, un écoulement nasal purulent unilatéral et une mauvaise haleine marquée. C’est pourquoi je vérifie systématiquement la dentition lors de toute consultation pour éternuements chroniques.

Allergies

Les allergies respiratoires vraies (rhinite allergique) sont beaucoup plus rares chez le chat que chez l’humain. On les suspecte lorsque les éternuements sont saisonniers, que les autres causes ont été exclues et que le chat ne présente aucun signe d’infection. Le diagnostic est souvent un diagnostic d’exclusion. Dans ma pratique, je rencontre davantage de manifestations cutanées d’allergie que de rhinites allergiques pures.

Les signes d’alerte : quand faut-il s’inquiéter ?

Voici la question que me posent le plus souvent les propriétaires. Après des années de pratique, j’ai établi une liste claire de signaux d’alarme qui doivent vous pousser à prendre rendez-vous rapidement.

Signes d'alerte à ne pas ignorer


Consultez votre vétérinaire dans les 24 heures si votre chat présente un ou plusieurs de ces symptômes en plus des éternuements :

  • Écoulement nasal coloré (jaune, vert, sanglant)
  • Écoulement oculaire purulent ou yeux gonflés
  • Perte d’appétit depuis plus de 24 heures
  • Fièvre (truffe chaude et sèche, abattement marqué)
  • Respiration par la bouche (signe de nez bouché)
  • Éternuements persistants depuis plus de 48 heures
  • Éternuements avec du sang

Consultez en urgence immédiate si :

  • Votre chat a des difficultés respiratoires (respiration laborieuse, lèvres bleutées)
  • Un saignement nasal abondant ne s’arrête pas
  • Votre chat ne mange plus du tout et semble très abattu

Un point essentiel que je répète souvent : le chat est un animal qui masque ses symptômes. Quand un chat montre des signes visibles de maladie, le problème est souvent plus avancé qu’il n’y paraît. Si vous avez le moindre doute, mieux vaut une consultation « pour rien » qu’un retard de prise en charge. Comme je l’explique dans mon article sur les urgences vétérinaires, certains signes ne doivent jamais être ignorés.

Lorsque vous amenez votre chat qui éternue en consultation, voici les étapes que je suis habituellement.

L’examen clinique complet

Je commence toujours par un examen clinique minutieux : prise de température, auscultation des poumons, examen des yeux, de la bouche, des oreilles et des nœuds lymphatiques. Je palpation le chanfrein pour détecter une éventuelle asymétrie ou douleur. Cette étape me fournit déjà des informations précieuses sur l’origine probable des éternuements.

Les examens complémentaires

Selon les résultats de l’examen clinique, je peux recommander :

  • Un prélèvement nasal ou oculaire (écouvillon) pour analyse PCR : il permet d’identifier précisément les agents infectieux en cause (herpèsvirus, calicivirus, chlamydia).
  • Une radiographie du crâne : utile pour visualiser une opacité nasale, une lyse osseuse ou un problème dentaire.
  • Un scanner (tomodensitométrie) : l’examen de choix pour les affections nasales chroniques. Il offre une vision détaillée des cavités nasales, des sinus et de la bulle tympanique.
  • Une rhinoscopie : examen endoscopique des cavités nasales sous anesthésie générale, qui permet la visualisation directe et la réalisation de biopsies.
  • Un bilan sanguin : numération formule sanguine, biochimie, et éventuellement tests FIV/FeLV pour évaluer le statut immunitaire.

Je rassure mes patients : dans la grande majorité des cas, l’examen clinique et un simple écouvillon suffisent à poser un diagnostic. Les examens plus poussés sont réservés aux cas chroniques ou atypiques.

Les traitements selon la cause

Le traitement d’un chat qui éternue dépend évidemment de la cause identifiée. Voici les approches thérapeutiques que j’utilise le plus fréquemment.

Traitement du coryza

Le coryza félin se traite par une approche multimodale :

  • Antibiotiques : ils ne traitent pas les virus eux-mêmes, mais préviennent et combattent les surinfections bactériennes fréquentes. J’utilise principalement la doxycycline, particulièrement efficace contre Chlamydophila felis.
  • Anti-inflammatoires : pour réduire l’inflammation nasale et améliorer le confort respiratoire.
  • Antiviraux : le famciclovir est parfois prescrit dans les cas sévères d’herpèsvirose.
  • Soins locaux : nettoyage des yeux et du nez avec du sérum physiologique, inhalations (fumigations) pour décongestionner les voies respiratoires.
  • Soutien nutritionnel : un chat qui ne sent plus ses aliments ne mange plus. Réchauffer la nourriture, proposer des aliments très appétents et parfumés est essentiel.
  • L-lysine : un complément alimentaire qui peut aider à limiter la réplication de l’herpèsvirus, bien que son efficacité fasse encore débat dans la communauté scientifique.

Le traitement dure généralement 7 à 14 jours pour un épisode aigu. Les cas chroniques nécessitent une prise en charge au long cours, avec gestion des récidives.

Traitement des autres causes

  • Corps étranger : extraction sous anesthésie, suivie d’un traitement antibiotique court.
  • Polypes : ablation chirurgicale, avec un taux de récidive d’environ 30 % pour la technique de traction simple.
  • Tumeurs : selon le type et le stade, radiothérapie, chimiothérapie ou soins palliatifs.
  • Problèmes dentaires : extraction des dents atteintes et traitement antibiotique.
  • Allergies : identification et éviction de l’allergène si possible, antihistaminiques ou corticoïdes dans les cas réfractaires.
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Mesures de prévention des affections respiratoires félines

Coût indicatif des examens et traitements (2025)
Acte vétérinaire Fourchette de prix
Consultation standard 40 à 65 €
Prélèvement nasal + PCR 60 à 120 €
Radiographie crâne (2 incidences) 70 à 120 €
Scanner des cavités nasales 300 à 500 €
Rhinoscopie + biopsies 250 à 450 €
Traitement antibiotique (10 jours) 20 à 50 €
Extraction corps étranger (anesthésie incluse) 150 à 350 €
Chirurgie polype nasopharyngé 300 à 600 €

Ces tarifs sont donnés à titre indicatif et varient selon les cliniques et les régions. N’hésitez pas à demander un devis détaillé à votre vétérinaire. Pour maîtriser ces dépenses, le budget annuel de santé de votre animal doit idéalement inclure une provision pour les imprévus.

Prévention : protéger votre chat au quotidien

Mieux vaut prévenir que guérir : voici mes recommandations concrètes pour limiter les éternuements et les infections respiratoires chez votre chat.

La vaccination : votre meilleure alliée

Le vaccin contre le coryza (FHV-1 + FCV) fait partie des vaccins de base recommandés pour tous les chats, même ceux qui vivent exclusivement en intérieur. Le protocole standard comprend :

  • Primovaccination : deux injections à 3-4 semaines d’intervalle, dès l’âge de 8 semaines.
  • Premier rappel : un an après la primovaccination.
  • Rappels suivants : tous les 1 à 3 ans selon le mode de vie et le risque d’exposition.

Le vaccin ne garantit pas une protection à 100 %, mais il réduit considérablement la gravité des symptômes en cas d’infection. J’observe une différence nette entre mes patients vaccinés et non vaccinés face au coryza. Comme je le détaille dans mon article complet sur le coryza, la vaccination reste le pilier de la prévention.

Un environnement sain

  • Choisissez une litière peu poussiéreuse : les litières végétales ou en silice produisent moins de particules fines que les litières minérales classiques.
  • Aérez régulièrement votre logement : 10 minutes deux fois par jour suffisent à renouveler l’air sans créer de courant d’air direct sur les zones de repos du chat.
  • Évitez les produits parfumés : diffuseurs, bougies, sprays d’ambiance et encens sont des sources d’irritation fréquentes. Si vous souhaitez parfumer votre intérieur, faites-le dans une pièce à laquelle votre chat n’a pas accès.
  • Ne fumez pas à l’intérieur : le tabagisme passif est un facteur de risque avéré pour les maladies respiratoires félines.
  • Maintenez une bonne hygiène : nettoyez régulièrement les gamelles, les couchages et la litière pour limiter la prolifération bactérienne.

Renforcer les défenses immunitaires

  • Alimentation de qualité : une nourriture équilibrée et riche en protéines animales soutient le système immunitaire. Je recommande des croquettes ou pâtées de gamme vétérinaire ou premium.
  • Vermifugation régulière : les parasites internes affaiblissent l’immunité. Un protocole de vermifugation adapté est essentiel, surtout pour les chats ayant accès à l’extérieur.
  • Gestion du stress : le stress est un facteur majeur de réactivation de l’herpèsvirus. Offrez à votre chat un environnement enrichi avec des cachettes, des perchoirs et des zones de repos au calme. En cas de changement important (déménagement, arrivée d’un nouvel animal), utilisez des phéromones apaisantes (Feliway) en prévention.

Que faire à la maison quand votre chat éternue ?

En attendant le rendez-vous vétérinaire, ou si les éternuements semblent bénins, voici les gestes simples que je recommande à mes clients.

Les bons réflexes

  • Nettoyez doucement le nez et les yeux de votre chat avec une compresse stérile imbibée de sérum physiologique tiède. Utilisez une compresse différente pour chaque œil et pour le nez.
  • Proposez une inhalation maison : faites couler de l’eau chaude dans votre salle de bain porte fermée (sans le mettre directement dans la vapeur) et restez avec votre chat 10 à 15 minutes. L’humidité aide à décongestionner les voies respiratoires.
  • Réchauffez légèrement sa nourriture : un chat au nez bouché ne sent plus ses aliments et refuse de manger. Tiédir la pâtée au micro-ondes quelques secondes (en vérifiant la température) libère les arômes et stimule l’appétit.
  • Assurez une bonne hydratation : proposez plusieurs points d’eau fraîche, voire une fontaine à eau qui encourage la consommation.
  • Isolez le chat malade si vous avez d’autres chats : les infections respiratoires sont très contagieuses entre félins.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

  • N’administrez jamais de médicaments humains : le paracétamol est mortel pour le chat, même à très faible dose. L’ibuprofène est également extrêmement toxique. Seuls les médicaments prescrits par votre vétérinaire sont sûrs.
  • Ne mettez pas d’huiles essentielles : le chat ne possède pas les enzymes hépatiques nécessaires pour métaboliser de nombreuses huiles essentielles. L’eucalyptus, le tea tree et la menthe poivrée, souvent conseillés sur internet pour « décongestionner », peuvent provoquer une intoxication grave.
  • N’attendez pas trop longtemps : un chat qui ne mange plus depuis 48 heures risque une lipidose hépatique (stéatose du foie), une complication potentiellement fatale.

Je ne le répéterai jamais assez : si vous hésitez entre « attendre » et « consulter », consultez. Dans ma carrière, je n’ai jamais reproché à un propriétaire d’être venu trop tôt, mais j’ai malheureusement vu des cas où une consultation plus précoce aurait changé le pronostic.

Cas particuliers : chatons, chats âgés et races prédisposées

Le chaton qui éternue

Les chatons sont particulièrement vulnérables aux infections respiratoires. Leur système immunitaire est immature, et la protection transmise par les anticorps maternels diminue entre 6 et 8 semaines de vie. Un chaton qui éternue, surtout s’il vient d’un refuge ou d’un élevage, doit être examiné rapidement. L’adoption en refuge s’accompagne parfois de pathologies respiratoires qu’il faut identifier et traiter sans tarder. La déshydratation et l’anorexie peuvent devenir critiques en quelques heures chez un très jeune animal.

Le chat âgé qui éternue

Chez les chats de plus de 10 ans, des éternuements chroniques unilatéraux avec un écoulement sanguinolent doivent impérativement faire l’objet d’un bilan approfondi pour écarter une tumeur nasale. Les chats âgés sont aussi plus sujets aux maladies parodontales avancées pouvant causer des fistules oro-nasales. Un examen dentaire complet est indispensable.

Les races brachycéphales

Les chats à face aplatie (Persan, Exotic Shorthair, British Shorthair, Scottish Fold) présentent des particularités anatomiques qui les prédisposent aux problèmes respiratoires : narines étroites (sténose), cavités nasales raccourcies et canaux lacrymaux souvent obstrués. Ces chats éternuent plus fréquemment que les races à museau long, et les infections respiratoires chez eux tendent à être plus sévères et plus longues à résoudre.

Pour en savoir plus, consultez les ressources officielles :

À retenir

  • Un chat qui éternue moins de 5 fois par jour sans autre symptôme ne nécessite pas de consultation immédiate ; surveillez l’évolution sur 48 heures.
  • L’association éternuements + écoulement purulent jaune-vert signe presque toujours une infection bactérienne secondaire nécessitant des antibiotiques.
  • Changez de litière non parfumée et aérez la pièce avant de suspecter une cause médicale : les irritants domestiques sont responsables de nombreux cas bénins.
  • La vaccination contre le coryza reste le meilleur moyen de prévenir les éternuements chroniques d’origine infectieuse.
  • Chez le chat âgé, des éternuements chroniques unilatéraux avec saignement peuvent révéler un polype ou une tumeur nasale : ne tardez pas à consulter.

Questions fréquentes


Mon chat éternue mais semble en pleine forme : dois-je consulter ?

Si votre chat éternue occasionnellement (quelques fois par jour) sans aucun autre symptôme (pas d’écoulement, appétit normal, comportement habituel), il n’y a généralement pas lieu de s’inquiéter. Surveillez-le pendant 48 heures. Si les éternuements persistent au-delà ou si d’autres signes apparaissent, prenez rendez-vous chez votre vétérinaire.

Les éternuements du chat sont-ils contagieux pour l’humain ?

Les virus responsables du coryza félin (herpèsvirus et calicivirus) ne se transmettent pas à l’humain. En revanche, Chlamydophila felis peut exceptionnellement provoquer une conjonctivite chez des personnes immunodéprimées. Lavez-vous les mains après avoir manipulé un chat malade, par précaution.

Combien de temps durent les éternuements liés au coryza ?

Un épisode aigu de coryza dure en moyenne 7 à 21 jours avec un traitement adapté. Sans traitement, les symptômes peuvent se prolonger et des complications peuvent survenir (sinusite chronique, pneumonie). Certains chats porteurs de l’herpèsvirus connaissent des épisodes récurrents tout au long de leur vie, surtout en période de stress.

Peut-on utiliser du sérum physiologique pour nettoyer le nez d’un chat ?

Oui, le sérum physiologique (NaCl 0,9 %) est parfaitement adapté pour nettoyer délicatement les sécrétions nasales du chat. Utilisez des dosettes à usage unique et instillez 1 à 2 gouttes dans chaque narine. Votre chat va éternuer pour expulser le surplus : c’est normal et bénéfique. Répétez 2 à 3 fois par jour si nécessaire.

Mon chat éternue du sang : est-ce grave ?

Un éternuement avec du sang (épistaxis) nécessite toujours une consultation vétérinaire rapide. Les causes possibles vont du simple traumatisme local à un corps étranger, un trouble de la coagulation ou une tumeur nasale. Gardez votre chat au calme, ne tentez pas de tamponner la narine et consultez dans les 24 heures, ou en urgence si le saignement est abondant ou ne s’arrête pas.

La vaccination protège-t-elle à 100 % contre le coryza ?

Non, aucun vaccin n’offre une protection absolue. Le vaccin contre le coryza réduit significativement la gravité et la durée des symptômes, mais un chat vacciné peut tout de même être infecté et présenter des signes légers. Malgré cette limite, la vaccination reste indispensable : les chats vaccinés récupèrent beaucoup plus vite et développent rarement des complications sévères.

Mon chat d’intérieur a-t-il besoin d’être vacciné contre le coryza ?

Oui, je recommande la vaccination même pour les chats d’intérieur. Les virus du coryza peuvent être introduits dans votre logement par vos chaussures, vos vêtements ou un nouvel animal. De plus, un chat d’intérieur peut avoir besoin d’être hospitalisé ou mis en pension un jour : il sera alors exposé à d’autres chats. La vaccination le protège dans toutes ces situations.


Fabienne Marchal
Fabienne Marchal

Vétérinaire diplômée de l'École Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort (promotion 2014), Dr Fabienne Marchal exerce depuis 12 ans en clinique à Limoges. Spécialisée en médecine préventive et nutrition animale, elle partage sur veterinairebeaublanc.fr ses conseils pour aider les propriétaires à prendre soin de leurs compagnons au quotidien.