Dans cet article
- Le Shar-Pei, le Chow-Chow, le Pékinois, le Shih Tzu et le Chien chinois à crête sont les 5 races de chien chinois les plus populaires en France
- Le Chow-Chow possède une langue bleu-noir unique parmi toutes les races canines au monde
- Le budget mensuel pour un chien de race chinois varie de 50 à 150 euros selon la taille et les besoins spécifiques
- Le Shar-Pei nécessite un suivi dermatologique régulier en raison de ses plis cutanés sujets aux infections bactériennes
- Le Shih Tzu est la race de petit chien chinoise la plus adaptée à la vie en appartement grâce à son tempérament calme
- L’espérance de vie de ces races oscille entre 9 et 15 ans selon la race et la qualité des soins prodigués
Sommaire
- Origines fascinantes des races de chien chinois
- Le Shar-Pei : le chien aux mille plis
- Le Chow-Chow : un lion miniature au caractère indépendant
- Le Pékinois : ancien chien impérial de la Cité Interdite
- Le Shih Tzu : le petit compagnon idéal en appartement
- Le Chien chinois à crête : une race atypique et attachante
- Comparatif complet des 5 races de chien chinois
- Conseils vétérinaires avant d’adopter un chien de race chinois
- Les autres races de chien asiatiques à découvrir
En douze années de pratique vétérinaire à Limoges, j’ai examiné des centaines de chiens de race chinois. Ces animaux, souvent méconnus du grand public français, possèdent des caractéristiques morphologiques et comportementales tout à fait remarquables. Leur histoire millénaire, intimement liée à la culture impériale chinoise, en fait des compagnons au patrimoine génétique unique. Je vous propose de découvrir les cinq races de chien chinois les plus fascinantes, avec mes recommandations professionnelles pour chacune d’entre elles.
Origines fascinantes des races de chien chinois
La Chine est l’un des berceaux les plus anciens de la domestication canine. Des analyses ADN publiées dans la revue scientifique Nature situent les premières domestications en Asie de l’Est il y a environ 15 000 ans. Les races de chien chinois que nous connaissons aujourd’hui sont le fruit de siècles de sélection minutieuse, réalisée par les éleveurs impériaux et les moines bouddhistes.
Contrairement aux races européennes souvent développées pour le travail (garde, chasse, berger), de nombreuses races chinoises ont été sélectionnées comme chiens de compagnie de la noblesse. Le Pékinois, par exemple, était réservé exclusivement à la famille impériale sous peine de mort. Cette sélection orientée vers l’esthétique et le tempérament explique pourquoi ces races sont généralement calmes et adaptées à la vie domestique moderne.
En France, l’engouement pour les races asiatiques ne cesse de croître. Les inscriptions au Livre des Origines Français (LOF) montrent une progression constante pour le Shih Tzu et le Shar-Pei depuis 2015. En tant que vétérinaire, je constate que ces races nécessitent une connaissance spécifique de leurs prédispositions génétiques pour un suivi optimal.

Le Shar-Pei : le chien aux mille plis
Le Shar-Pei est sans doute la race de chien chinois la plus reconnaissable grâce à ses plis cutanés caractéristiques. Originaire de la province du Guangdong, il servait autrefois de chien de garde et de combat. Sa peau lâche constituait un avantage défensif : un adversaire qui le mordait n’attrapait que du tissu cutané sans atteindre les organes vitaux.
D’un point de vue vétérinaire, le Shar-Pei est une race que je surveille attentivement. Ses plis nécessitent un nettoyage hebdomadaire pour prévenir les pyodermites (infections cutanées bactériennes). J’observe régulièrement des cas d’entropion, une malformation des paupières qui se replient vers l’intérieur et irritent la cornée. Cette pathologie requiert souvent une correction chirurgicale avant l’âge de 6 mois.
Son caractère est celui d’un chien loyal mais réservé avec les étrangers. Il s’attache profondément à sa famille et peut se montrer protecteur. Je recommande une socialisation précoce et intensive dès l’âge de 8 semaines pour éviter les comportements craintifs ou agressifs. Le Shar-Pei est également prédisposé à la fièvre familiale du Shar-Pei, un syndrome inflammatoire héréditaire qui nécessite un suivi régulier.
En termes d’alimentation, ce chien de race chinois bénéficie de croquettes enrichies en acides gras oméga-3 pour maintenir la santé de sa peau. Si votre compagnon refuse ses croquettes, il peut s’agir d’un signal de douleur abdominale liée à la fièvre familiale.
Le Chow-Chow : un lion miniature au caractère indépendant
Le Chow-Chow est probablement la race de chien indigène chinois la plus ancienne. Des représentations de ce chien apparaissent sur des poteries datant de la dynastie Han, soit plus de 2 000 ans d’histoire documentée. Sa particularité la plus frappante reste sa langue bleu-noir, une caractéristique unique parmi les races canines.
En consultation, le Chow-Chow est un patient qui demande une approche douce et patiente. Son caractère indépendant et fier en fait un chien peu démonstratif, parfois comparé au chat dans son comportement. Il ne cherche pas constamment l’approbation de son maître et peut se montrer distant avec les personnes qu’il ne connaît pas.
Du point de vue santé, je surveille particulièrement trois pathologies chez cette race :
- La dysplasie de la hanche, fréquente chez les sujets de plus de 25 kg
- L’eczéma atopique, favorisé par son pelage dense et double
- Le glaucome, à dépister annuellement à partir de 5 ans
Son pelage dense, de type « ours », nécessite un brossage bi-hebdomadaire minimum et un toilettage professionnel trimestriel. Pour les propriétaires en milieu urbain, je recommande de consulter un toiletteur spécialisé capable de gérer ce type de fourrure épaisse. Le Chow-Chow pèse entre 20 et 32 kg à l’âge adulte, ce qui en fait un chien de gabarit moyen à surveiller pour les problèmes articulaires.

Le Pékinois : ancien chien impérial de la Cité Interdite
Le Pékinois incarne parfaitement l’héritage aristocratique des races de chien chinois. Pendant des siècles, seule la famille impériale avait le droit de posséder cette race. Les eunuques du palais étaient chargés de l’élevage, et voler un Pékinois était passible de mort. Ce n’est qu’en 1860, lors du sac du Palais d’Été par les troupes franco-britanniques, que quelques spécimens furent ramenés en Europe.
En tant que vétérinaire, le Pékinois me préoccupe principalement pour ses problèmes respiratoires. C’est un chien brachycéphale (au museau aplati), ce qui entraîne un syndrome obstructif des voies aériennes supérieures. Je conseille aux propriétaires d’éviter les efforts physiques intenses par temps chaud et de maintenir un poids optimal pour limiter la compression thoracique.
Son tempérament est celui d’un petit chien courageux et têtu. Le Pékinois ne se considère absolument pas comme un petit chien et n’hésite pas à tenir tête à des congénères bien plus imposants. Cette assurance est charmante mais peut poser problème lors des interactions avec d’autres chiens. Je recommande des séances d’éducation positive dès le plus jeune âge.
Pesant entre 3 et 6 kg, le Pékinois est une race de petit chien chinoise parfaitement adaptée aux espaces réduits. Son entretien implique un brossage quotidien de sa fourrure longue et un nettoyage régulier de ses plis faciaux. Pour le détartrage, je préconise une intervention annuelle car cette race est particulièrement sujette au tartre dentaire en raison de sa mâchoire compacte.
Le Shih Tzu : le petit compagnon idéal en appartement
Le Shih Tzu, dont le nom signifie « chien lion » en mandarin, est le chien asiatique à la mode en France depuis plusieurs années. Avec plus de 5 000 inscriptions annuelles au LOF, il figure régulièrement dans le top 20 des races préférées des Français. Son succès s’explique par un tempérament exceptionnellement sociable et adaptable.
Issu d’un croisement entre le Lhassa Apso tibétain et le Pékinois, le Shih Tzu combine le meilleur des deux races : la robustesse du premier et l’élégance du second. Il pèse entre 4 et 8 kg, ce qui le place dans la catégorie des petits gabarits faciles à gérer au quotidien.
Sur le plan médical, mes principales vigilances concernent :
- Les otites chroniques, favorisées par ses oreilles tombantes et poilues
- Les luxations de rotule, fréquentes chez les petites races
- Les problèmes oculaires (ulcères cornéens) liés à ses yeux proéminents
- La maladie parodontale, à surveiller dès 3 ans
Le Shih Tzu est un excellent choix pour les familles avec enfants. Son caractère joueur et patient en fait un compagnon idéal pour les plus jeunes. Il s’adapte aussi bien à un appartement qu’à une maison avec jardin. Seul bémol : son pelage long nécessite un entretien quotidien ou une coupe courte régulière chez un toiletteur professionnel.
Le Chien chinois à crête : une race atypique et attachante
Le Chien chinois à crête est sans conteste la race de chien chinois la plus surprenante visuellement. Il existe en deux variétés : la variété nue, au corps dépourvu de poils sauf sur la tête, les pattes et la queue ; et la variété « houppette à poudre » (Powderpuff), entièrement couverte d’un pelage soyeux. Les deux variétés naissent dans les mêmes portées.
En consultation, ce chien de race chinois me fascine par ses particularités dermatologiques. La variété nue possède une peau exposée qui nécessite des soins spécifiques : protection solaire en été (indice 50 minimum sur les zones claires), hydratation régulière avec un lait corporel adapté, et surveillance des comédons (points noirs) fréquents sur le dos et les flancs.

Son tempérament est celui d’un chien extrêmement affectueux et proche de son maître. Le Chien chinois à crête développe un attachement intense qui peut basculer vers l’anxiété de séparation si l’on ne travaille pas la solitude progressivement dès le chiot. Il pèse entre 3 et 5 kg et convient parfaitement aux personnes allergiques dans sa variété nue, bien qu’aucun chien ne soit véritablement hypoallergénique.
Point important : cette race présente une particularité génétique liée au gène de la nudité. Les chiots porteurs de deux copies du gène (homozygotes) ne sont pas viables. Un éleveur sérieux réalise systématiquement des tests génétiques avant l’accouplement. Renseignez-vous toujours sur les résultats de ces tests avant d’adopter.
Comparatif complet des 5 races de chien chinois
Pour vous aider à choisir la race de chien chinois qui correspond le mieux à votre mode de vie, voici un tableau récapitulatif basé sur mon expérience clinique :
| Race | Poids adulte | Espérance de vie | Entretien pelage | Vie en appartement | Budget mensuel estimé |
|---|---|---|---|---|---|
| Shar-Pei | 18-25 kg | 9-11 ans | Faible | Possible | 100-130 € |
| Chow-Chow | 20-32 kg | 9-12 ans | Élevé | Déconseillé | 120-150 € |
| Pékinois | 3-6 kg | 12-15 ans | Élevé | Idéal | 50-70 € |
| Shih Tzu | 4-8 kg | 12-15 ans | Élevé | Idéal | 50-80 € |
| Chien chinois à crête | 3-5 kg | 13-15 ans | Variable | Idéal | 50-70 € |
Le budget mensuel inclut l’alimentation de qualité, les produits d’hygiène, la prévention antiparasitaire et une provision pour les frais vétérinaires. Pour une consultation vétérinaire classique, comptez entre 40 et 60 euros selon votre région. Je recommande également de souscrire une assurance santé animale, particulièrement pour le Shar-Pei et le Chow-Chow dont les frais de santé peuvent être conséquents.
Conseils vétérinaires avant d’adopter un chien de race chinois
Avant de vous engager avec une race de chien chinois, voici mes recommandations professionnelles issues de 12 années de pratique :
Choisissez un éleveur sérieux. Un bon éleveur réalise les tests de santé spécifiques à la race (dysplasie, maladies oculaires, tests ADN), socialise les chiots dès la naissance et vous fournit un certificat de bonne santé vétérinaire. Le prix d’achat oscille entre 1 200 et 3 000 euros selon la race et la lignée. Méfiez-vous des prix anormalement bas qui cachent souvent des élevages de masse.
Prévoyez un bilan de santé complet. Dans les 48 heures suivant l’acquisition, faites examiner votre chiot par votre vétérinaire. Ce bilan permet de détecter d’éventuelles anomalies congénitales et de mettre en place le protocole vaccinal adapté. Pour les races brachycéphales (Pékinois, Shih Tzu), je recommande un bilan respiratoire spécifique vers 6 mois.
Adaptez votre environnement. Les races chinoises à pelage dense (Chow-Chow, Shih Tzu) supportent mal la chaleur. Prévoyez un espace climatisé ou ventilé en été. À l’inverse, le Chien chinois à crête variété nue nécessite un manteau en hiver et une protection solaire en été. Si vous hésitez entre un chien de race pure et un chien croisé, sachez que les croisés bénéficient souvent d’une meilleure vigueur hybride.
Concernant l’identification, la réglementation française impose l’identification par puce électronique ou tatouage pour tout chien de plus de 4 mois. Cette obligation s’applique également lors de toute cession, gratuite ou payante.
Les autres races de chien asiatiques à découvrir
Au-delà des cinq races de chien chinois présentées, l’Asie regorge de races fascinantes. Voici un panorama des principales races de chien asiatiques que je rencontre en consultation :
Le Dogue du Tibet est la race de gros chien asiatique par excellence. Pesant entre 55 et 80 kg, ce géant servait de gardien de troupeaux dans l’Himalaya. Son tempérament protecteur en fait un excellent chien de garde, mais il nécessite un propriétaire expérimenté et un espace extérieur conséquent.
L’Akita Inu, originaire du Japon, est souvent confondu avec une race chien chinois. C’est pourtant un chien japonais, rendu célèbre par l’histoire de Hachikō. Son cousin américain, l’Akita américain, est plus massif et présente une palette de couleurs plus variée. Ces deux races demandent une éducation ferme et cohérente.
Le Spitz japonais et le Chin japonais complètent ce panorama asiatique dans la catégorie des races de petit chien asiatique. Le Chin japonais, en particulier, partage de nombreux points communs avec le Pékinois chinois, témoignant des échanges culturels historiques entre la Chine et le Japon.
Certaines races chinoises moins connues méritent aussi votre attention : le Chongqing, un molosse chinois rare considéré comme potentiellement dangereux en raison de sa puissance ; le Kunming, un berger chinois utilisé par la police ; et le Xiasi, un chien de chasse régional. Ces races restent quasiment introuvables en France et ne disposent pas de club de race actif. Contrairement aux idées reçues sur le « chien chinois dangereux », la majorité des races chinoises sont des compagnons paisibles lorsqu’ils sont correctement socialisés et éduqués.
Si vous recherchez des races de berger peu communes, je vous invite à consulter mon article sur les races de chien de berger rares. Pour les amateurs de molossoïdes atypiques, la race Bully offre une alternative intéressante avec un gabarit plus adapté à la vie urbaine.
À retenir
- Privilégiez un éleveur inscrit au LOF qui réalise les tests génétiques spécifiques à la race choisie
- Prévoyez un budget santé majoré de 30 % pour le Shar-Pei et le Chow-Chow par rapport aux autres races
- Nettoyez les plis du Shar-Pei et du Pékinois 2 fois par semaine avec une compresse imbibée de sérum physiologique
- Appliquez un écran solaire indice 50 sur le Chien chinois à crête variété nue de mai à septembre
- Socialisez tout chien de race chinois dès 8 semaines avec des congénères de toutes tailles pour prévenir la réactivité
Questions fréquentes
Quelles sont les races de chiens chinois ?
Les principales races de chiens chinois reconnues par la Fédération Cynologique Internationale (FCI) sont le Shar-Pei, le Chow-Chow, le Pékinois, le Shih Tzu, le Chien chinois à crête, le Carlin (ou Pug), le Lhassa Apso (souvent attribué au Tibet), le Dogue du Tibet et le Épagneul tibétain. En France, les cinq premières races citées sont les plus courantes en élevage et en adoption.
Quelle est la race de chien indigène chinois ?
Le Chow-Chow est considéré comme la race de chien indigène chinois la plus ancienne, avec des traces archéologiques remontant à plus de 2 000 ans. Des analyses génétiques confirment qu’il fait partie des races les plus proches du loup ancestral. Le Shar-Pei est également une race indigène très ancienne, originaire de la province du Guangdong.
Quelles sont les races de chiens asiatiques ?
Les races de chiens asiatiques englobent les races chinoises (Shar-Pei, Chow-Chow, Pékinois, Shih Tzu), japonaises (Akita Inu, Shiba Inu, Spitz japonais, Chin japonais), coréennes (Jindo, Sapsali) et tibétaines (Dogue du Tibet, Lhassa Apso, Épagneul tibétain). Au total, plus de 30 races originaires d’Asie sont reconnues internationalement.
Quel est le chien asiatique à la mode en France ?
Le Shih Tzu est actuellement le chien asiatique le plus populaire en France avec plus de 5 000 inscriptions annuelles au LOF. Son tempérament sociable, sa taille adaptée à l’appartement et sa bonne entente avec les enfants expliquent cet engouement. Le Shar-Pei connaît également un regain d’intérêt, notamment auprès des jeunes propriétaires urbains séduits par son physique atypique.
Combien coûte un chien de race chinois ?
Le prix d’achat d’un chien de race chinois LOF varie selon la race : entre 1 200 et 2 000 euros pour un Shih Tzu ou un Pékinois, entre 1 500 et 2 500 euros pour un Shar-Pei, et entre 1 800 et 3 000 euros pour un Chow-Chow de lignée championne. À ce prix s’ajoutent les frais vétérinaires initiaux (vaccins, identification, stérilisation) estimés entre 300 et 500 euros la première année.
Le Shar-Pei est-il un chien fragile ?
Le Shar-Pei présente effectivement des prédispositions génétiques qui nécessitent un suivi vétérinaire régulier. La fièvre familiale du Shar-Pei, les problèmes dermatologiques liés à ses plis et l’entropion sont les pathologies les plus fréquentes. Cependant, avec un éleveur sérieux qui teste ses reproducteurs et un suivi vétérinaire adapté, le Shar-Pei peut vivre sereinement entre 9 et 11 ans.
Vétérinaire diplômée de l'École Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort (promotion 2014), Dr Fabienne Marchal exerce depuis 12 ans en clinique à Limoges. Spécialisée en médecine préventive et nutrition animale, elle partage sur veterinairebeaublanc.fr ses conseils pour aider les propriétaires à prendre soin de leurs compagnons au quotidien.


