Dans cet article
- Une trousse de premiers soins vétérinaire complète contient entre 15 et 25 éléments essentiels pour stabiliser votre animal avant la consultation
- Le sérum physiologique et les compresses stériles représentent les deux indispensables absolus pour nettoyer toute plaie superficielle
- La muselière de sécurité est souvent oubliée alors qu’un animal blessé mord dans 60 % des cas par réflexe de douleur
- Le coût total d’une trousse complète se situe entre 30 et 80 euros selon que vous l’assemblez vous-même ou l’achetez prête à l’emploi
- Vérifiez les dates de péremption tous les 6 mois et remplacez immédiatement tout produit utilisé ou expiré
- Certains médicaments humains courants comme le paracétamol sont mortels pour le chat : ne les incluez jamais dans la trousse
Sommaire
- Pourquoi constituer une trousse de premiers soins pour votre animal
- Matériel de pansement et de protection
- Antiseptiques et produits de nettoyage adaptés
- Instruments et petits outils indispensables
- Médicaments et compléments autorisés
- Documents et numéros d’urgence à glisser dans la trousse
- Comparatif : trousse maison versus kit du commerce
- Adapter la trousse selon la situation : randonnée, voyage, chasse
- Les erreurs fréquentes à éviter en premiers soins animaliers
- Entretien et vérification régulière de votre trousse
En douze ans de pratique clinique à Limoges, j’ai reçu des centaines d’animaux blessés dont l’état aurait pu être stabilisé bien plus tôt si leurs propriétaires avaient disposé d’une trousse de premiers soins pour animal correctement équipée. Une coupure sur un tesson de verre en promenade, une piqûre de guêpe dans le jardin, un coussin arraché sur un sentier de randonnée : ces situations arrivent sans prévenir, et la différence entre une intervention rapide et une attente anxieuse se joue souvent dans le contenu d’un simple sac de secours.
Je vous propose ici un guide complet pour constituer votre propre trousse, article par article, avec les dosages et les gestes que je recommande à mes clients au quotidien. Mon objectif est simple : vous donner les moyens de protéger votre compagnon dans les premières minutes critiques, avant d’atteindre une clinique vétérinaire.
Pourquoi constituer une trousse de premiers soins pour votre animal
La plupart des propriétaires possèdent une trousse de secours pour la famille, mais très peu pensent à en préparer une pour leur chien, leur chat ou leur lapin. Pourtant, les accidents domestiques et les blessures en extérieur sont extrêmement fréquents. Selon l’Ordre national des vétérinaires, les consultations d’urgence représentent environ 15 à 20 % de l’activité des cliniques vétérinaires en France.
Le premier réflexe face à un animal blessé devrait toujours être de contacter votre vétérinaire ou le service de garde. Mais entre l’appel et l’arrivée à la clinique, il s’écoule en moyenne 20 à 45 minutes. Pendant ce laps de temps, vous pouvez limiter une hémorragie, protéger une plaie de la contamination ou immobiliser un membre douloureux. Ces gestes simples, réalisés avec le bon matériel, améliorent considérablement le pronostic.
J’insiste sur un point fondamental : la trousse de premiers soins ne remplace pas la consultation vétérinaire. Elle vous permet de stabiliser la situation et de transporter votre animal dans les meilleures conditions possibles. Chaque minute gagnée en amont réduit le risque d’infection, de choc ou d’aggravation de la blessure.
Par ailleurs, disposer d’une trousse structurée vous aide à garder votre calme. Face à un animal qui souffre et qui peut se montrer agressif par réflexe, savoir exactement où se trouvent vos compresses, votre antiseptique et votre bande de contention fait toute la différence. La préparation est votre meilleure alliée en situation de stress.

Matériel de pansement et de protection
Le pansement constitue la base de toute trousse de premiers soins animal. Voici la liste du matériel que je recommande systématiquement à mes clients :
Compresses stériles : prévoyez au minimum une dizaine de compresses individuelles (taille 10 × 10 cm). Elles servent à nettoyer les plaies, à appliquer un antiseptique et à couvrir une zone lésée. Choisissez des compresses non tissées, qui ne laissent pas de fibres dans la blessure.
Bandes de crêpe : deux rouleaux de 5 cm de largeur et deux de 10 cm suffisent pour la plupart des gabarits. Elles maintiennent les compresses en place sans adhérer à la peau ni arracher les poils. Enroulez toujours du bas vers le haut du membre, en vérifiant que le bandage n’est ni trop serré ni trop lâche.
Bande cohésive (type Vetrap) : c’est mon alliée numéro un en clinique. Elle adhère à elle-même sans coller aux poils, reste en place même sur un animal agité et se découpe facilement. Prévoyez deux rouleaux de couleurs différentes pour repérer rapidement les couches de votre pansement.
Sparadrap microporeux : un rouleau pour fixer les extrémités de bande ou maintenir un pansement sur une zone délicate (oreille, queue). Évitez le sparadrap classique qui arrache le pelage au retrait.
Pansements hydrocolloïdes : utiles pour les petites plaies superficielles, ils maintiennent un environnement humide favorable à la cicatrisation. J’en utilise régulièrement sur les coussinets abîmés.
Enfin, ajoutez une paire de gants jetables en nitrile (au moins quatre paires). Ils vous protègent d’une éventuelle contamination et protègent la plaie de votre animal contre les bactéries présentes sur vos mains. Si votre animal est susceptible de mordre sous l’effet de la douleur, une muselière adaptée à sa morphologie est absolument indispensable. Un chien blessé peut mordre son propriétaire dans 60 % des cas, non par méchanceté, mais par pur réflexe de protection.
Antiseptiques et produits de nettoyage adaptés
Le choix de l’antiseptique est crucial en médecine vétérinaire. Certains produits courants en pharmacie humaine sont toxiques ou irritants pour nos animaux de compagnie. Voici ce que je garde en permanence dans ma trousse de terrain :
Chlorhexidine en solution aqueuse à 0,05 % : c’est l’antiseptique de référence en médecine vétérinaire. Efficace contre un large spectre de bactéries, bien toléré par la peau et les muqueuses, il ne pique pas et ne colore pas la plaie (contrairement à la bétadine qui masque l’aspect de la lésion). Vous pouvez l’utiliser pure ou diluée dans du sérum physiologique.
Sérum physiologique en dosettes : prévoyez au moins 10 dosettes de 10 ml. Le sérum sert à rincer les plaies, à nettoyer un œil irrité par un corps étranger ou à humidifier des compresses pour un nettoyage en douceur. Son caractère isotonique garantit l’absence de douleur au contact des tissus lésés.
Povidone iodée (Bétadine) en solution dermique : je la recommande en complément de la chlorhexidine, notamment pour les plaies très souillées (terre, débris végétaux). Attention à ne jamais l’utiliser sur un chat sans rinçage, car l’iode peut provoquer des réactions cutanées chez les félins sensibles. Sachez aussi que certains produits courants sont dangereux pour le chat : ne vous fiez pas à ce qui fonctionne chez l’humain.
Eau oxygénée à 3 % : contrairement à une idée reçue, l’eau oxygénée n’est pas un bon antiseptique pour les plaies ouvertes car elle détruit les cellules saines en même temps que les bactéries. En revanche, je la garde dans ma trousse pour un usage très précis : stopper un saignement mineur d’ongle coupée trop court. Quelques gouttes sur une compresse, appliquées fermement pendant 30 secondes, suffisent généralement.
Évitez absolument l’alcool à 70° sur une plaie animale : la douleur provoquée est intense et l’animal risque de se débattre violemment, aggravant la blessure. De même, n’utilisez jamais de produits contenant des huiles essentielles, particulièrement sur les chats dont le foie ne métabolise pas ces substances.

Instruments et petits outils indispensables
Au-delà du matériel de pansement et des antiseptiques, certains instruments vous rendront un service considérable en situation d’urgence :
Ciseaux à bouts ronds : indispensables pour découper les bandes, les compresses, et éventuellement dégager les poils autour d’une plaie. Les bouts ronds évitent de blesser l’animal si celui-ci bouge brusquement. Choisissez un modèle en inox, facile à désinfecter.
Pince à épiler (ou pince de Kocher) : utile pour retirer un épillet, une écharde ou un petit corps étranger visible. En cas de tique, préférez un tire-tique (crochet O’Tom) qui extrait le parasite sans écraser son abdomen, réduisant ainsi le risque de transmission de maladies comme la piroplasmose ou l’ehrlichiose.
Thermomètre rectal digital : la température normale d’un chien ou d’un chat se situe entre 38 °C et 39 °C. Au-delà de 39,5 °C, on parle de fièvre ; en dessous de 37,5 °C, d’hypothermie. Cette information est précieuse lorsque vous appelez votre vétérinaire en urgence. Pensez à ajouter un tube de vaseline pour faciliter l’insertion.
Lampe de poche (ou frontale) : examiner la gueule, l’intérieur d’une oreille ou une plaie profonde nécessite un bon éclairage. Une petite lampe LED suffit et ne prend quasiment pas de place.
Couverture de survie : légère, compacte, elle permet de maintenir la température corporelle d’un animal en état de choc. Face argentée vers l’animal pour conserver la chaleur. C’est un élément que je considère comme non négociable dans toute trousse, y compris en été, car un animal en détresse peut rapidement devenir hypotherme, même par temps chaud.
Seringue sans aiguille (5 ou 10 ml) : elle sert à rincer une plaie avec précision, à administrer un médicament liquide par voie orale ou à mesurer un dosage. Prévoyez-en deux ou trois dans votre trousse.
Médicaments et compléments autorisés
Ce chapitre mérite une mise en garde très claire : n’administrez jamais un médicament humain à votre animal sans avis vétérinaire préalable. Le paracétamol est mortel pour le chat (une dose de 10 mg/kg suffit à provoquer une intoxication grave), l’ibuprofène provoque des ulcères gastriques chez le chien, et l’aspirine perturbe la coagulation. Si vous avez le moindre doute sur un produit, consultez la liste des substances toxiques pour le chien et demandez toujours conseil à votre praticien.
Cependant, certains produits peuvent être gardés dans votre trousse sur recommandation de votre vétérinaire, qui vous aura indiqué le dosage précis pour votre animal :
Pommade cicatrisante vétérinaire : à base de miel médical ou de sucralfate, elle favorise la cicatrisation des plaies superficielles. Appliquez-la après le nettoyage et sous un pansement léger pour éviter que l’animal ne la lèche.
Collyre antiseptique vétérinaire : en cas d’œil rouge, larmoyant ou irrité par un corps étranger, un rinçage au sérum physiologique suivi de quelques gouttes de collyre peut soulager votre animal en attendant la consultation.
Charbon activé : en cas d’ingestion suspecte d’un produit toxique, votre vétérinaire pourra vous demander de l’administrer en attendant votre arrivée à la clinique. La dose habituelle est de 1 à 2 g par kg de poids corporel, mélangée à un peu d’eau et administrée à la seringue. Ne faites jamais vomir votre animal sans instruction vétérinaire, car certains toxiques (produits caustiques, hydrocarbures) aggravent les lésions au passage.
Poudre hémostatique : appliquée sur un ongle cassé ou une petite coupure qui saigne, elle accélère la coagulation locale. On en trouve en animalerie sous le nom de « poudre styptique ».
Si votre animal souffre de diabète ou d’une pathologie chronique, ajoutez à la trousse une dose de secours de son traitement habituel avec les instructions posologiques notées sur un papier plastifié.
Documents et numéros d’urgence à glisser dans la trousse
Une trousse de premiers soins pour animal ne contient pas que du matériel médical. Les documents suivants peuvent vous faire gagner un temps précieux en situation de crise :
Fiche d’identité de l’animal : nom, race, poids actuel, numéro de puce électronique, statut vaccinal, allergies connues, traitements en cours. Plastifiez cette fiche et glissez-la dans la pochette extérieure de votre trousse. En cas d’urgence où vous seriez vous-même blessé, toute personne pourra la transmettre au vétérinaire.
Numéros de téléphone : votre clinique vétérinaire habituelle, le service de garde de votre département (en France, composez le 3115, numéro national de la permanence vétérinaire, opérationnel dans de nombreuses régions), et le Centre antipoison animal de Lyon (CAPAE-Ouest) ou de Nantes au 04 78 87 10 40. Ces centres fonctionnent 24 heures sur 24 et peuvent vous guider par téléphone en cas d’intoxication.
Carnet de santé ou copie du passeport européen : si vous voyagez à l’étranger avec votre animal, ce document est indispensable pour prouver la validité des vaccinations et faciliter la prise en charge par un confrère étranger.
Notice de premiers gestes : un petit guide plastifié résumant les gestes de base (comment poser un bandage compressif, comment vérifier le temps de recoloration capillaire, la position latérale de sécurité pour un animal inconscient). Plusieurs manuels existent dans le commerce ; je recommande ceux validés par un vétérinaire et conformes aux recommandations de la Fédération vétérinaire européenne (FVE).
Pensez également à vérifier que votre assurance santé animale couvre les soins d’urgence et notez votre numéro de contrat dans la trousse. En cas d’hospitalisation imprévue, cela évitera les allers-retours administratifs.

Comparatif : trousse maison versus kit du commerce
De nombreuses enseignes proposent des kits de premiers secours prêts à l’emploi pour animaux. Sont-ils suffisants ? Faut-il plutôt composer sa propre trousse ? Voici un comparatif basé sur mon expérience clinique :
| Critère | Trousse maison | Kit du commerce |
|---|---|---|
| Coût moyen | 30 à 50 euros | 40 à 80 euros |
| Personnalisation | Totale (adaptée au poids, à l’espèce, aux pathologies) | Limitée (contenu standardisé) |
| Qualité du matériel | Variable selon les achats, possibilité de choisir du matériel professionnel | Correcte, mais parfois basique |
| Antiseptique inclus | Chlorhexidine vétérinaire (choix optimal) | Souvent bétadine ou absent |
| Tire-tique | À ajouter soi-même | Présent dans 70 % des kits |
| Muselière | À ajouter selon la taille du chien | Rarement incluse |
| Documents d’urgence | À préparer soi-même | Parfois un guide basique inclus |
| Praticité | Pochette au choix, organisation personnelle | Pochette fournie, rangement prédéfini |
| Adapté aux NAC | Oui, si vous sélectionnez les bons produits | Rarement (conçu chien/chat) |
Ma recommandation : achetez un kit du commerce comme base, puis complétez-le avec les éléments spécifiques à votre animal. C’est le meilleur rapport praticité/efficacité. Si vous possédez un NAC (nouvel animal de compagnie), la trousse maison reste la seule option vraiment adaptée, car les kits commerciaux sont quasi exclusivement conçus pour les chiens et les chats.
Adapter la trousse selon la situation : randonnée, voyage, chasse
La trousse de base décrite ci-dessus convient pour la maison et les sorties quotidiennes. Mais certaines activités nécessitent des ajouts spécifiques :
En randonnée
Les coussinets sont mis à rude épreuve sur les sentiers caillouteux. Ajoutez des bottines de protection (taille adaptée, testée avant le départ), un baume réparateur pour coussinets et une attelle souple en cas de suspicion de fracture ou d’entorse. Prévoyez aussi de l’eau en quantité suffisante pour rincer les plaies : en montagne, l’eau des torrents n’est pas stérile. Si votre chien mange de l’herbe de manière compulsive en balade, cela peut signaler un trouble digestif nécessitant une surveillance accrue.
En voyage (voiture, avion)
Ajoutez un anti-nauséeux prescrit par votre vétérinaire (le mal des transports touche environ 20 % des chiens), une couverture pour protéger l’habitacle et faciliter le transport d’un animal blessé, ainsi qu’une copie du passeport européen si vous franchissez une frontière. Vérifiez que la couverture de votre assurance s’étend bien à l’étranger.
En situation de chasse
Les chiens de chasse sont exposés à des risques spécifiques : plaies par fil barbelé, épillets dans les oreilles ou les narines, morsures de gibier blessé. Prévoyez une pince hémostatique de type Kocher, un rouleau supplémentaire de bande cohésive et surtout un garrot tourniquet avec les instructions d’utilisation (ne jamais dépasser 15 minutes d’application sans relâcher). Un antiseptique en spray est plus pratique que les dosettes dans ces conditions de terrain.
Pour les chats
Les félins sont particulièrement difficiles à soigner sans contention. Une serviette épaisse pour envelopper le chat (technique du « burrito ») est souvent plus efficace qu’une muselière. Si votre chat présente des signes de stress comme le marquage urinaire inhabituel ou une perte de poils excessive, une consultation de fond s’impose en parallèle de la constitution de votre trousse.
Les erreurs fréquentes à éviter en premiers soins animaliers
En douze ans de pratique, j’ai constaté que les mêmes erreurs reviennent régulièrement. Les connaître vous évitera d’aggraver involontairement la situation de votre compagnon :
Erreur n°1 : utiliser du paracétamol ou de l’ibuprofène. Je ne le répéterai jamais assez : ces molécules sont potentiellement mortelles chez le chat et provoquent des lésions graves chez le chien. Même à faible dose, le risque est réel. Aucun antidouleur humain ne doit être administré sans prescription vétérinaire.
Erreur n°2 : serrer un bandage trop fort. Un pansement compressif mal posé peut provoquer un effet garrot, coupant la circulation sanguine en aval. Vérifiez toujours que vous pouvez glisser un doigt entre la bande et la peau. Surveillez la zone en aval du bandage : si elle gonfle, refroidit ou change de couleur, desserrez immédiatement.
Erreur n°3 : faire vomir l’animal après ingestion d’un toxique. Le vomissement provoqué est contre-indiqué en cas d’ingestion de produits caustiques (eau de Javel, déboucheur), de produits moussants ou d’objets pointus. Contactez toujours le centre antipoison animal ou votre vétérinaire avant de tenter quoi que ce soit.
Erreur n°4 : retirer un objet planté profondément. Si votre chien s’est empalé sur un bâton, un morceau de verre ou tout objet pénétrant, ne le retirez pas. L’objet fait tampon et limite l’hémorragie. Stabilisez-le avec des compresses et du sparadrap, puis foncez chez le vétérinaire.
Erreur n°5 : négliger les signes de choc. Un animal en état de choc présente des gencives pâles, un pouls rapide et faible, une respiration superficielle et une apathie soudaine. Ce n’est pas le moment de soigner la plaie : enveloppez votre animal dans une couverture de survie, gardez-le au calme et transportez-le en urgence. Si votre chien tremble de manière incontrôlable après un traumatisme, le choc est probable.
Erreur n°6 : utiliser de l’alcool sur une plaie ouverte. L’alcool à 70° est un excellent désinfectant pour le matériel (ciseaux, pinces), mais il provoque une douleur intense sur les tissus vivants et détruit les cellules en cours de cicatrisation. Réservez-le à la désinfection de vos instruments, pas des plaies.
Entretien et vérification régulière de votre trousse
Une trousse de premiers soins pour animal n’est utile que si son contenu est complet, en bon état et non périmé. Je recommande un contrôle systématique tous les six mois, idéalement au changement d’heure (un moyen mnémotechnique simple).
Lors de chaque vérification, contrôlez les points suivants :
- Les dates de péremption de tous les produits (antiseptiques, médicaments, collyres, pommades). Un antiseptique périmé perd son efficacité et peut favoriser une surinfection.
- L’intégrité des emballages : les compresses doivent être dans leur sachet scellé, les dosettes de sérum non fissurées, les bandes cohésives non déroulées.
- Le fonctionnement du thermomètre (vérifiez la pile) et de la lampe de poche.
- La mise à jour du poids de votre animal sur la fiche d’identité. Un chiot de 10 kg en janvier pèsera peut-être 25 kg en juillet ; les dosages changent en conséquence.
- L’actualisation des numéros d’urgence. Les services de garde changent parfois de numéro ou de structure.
Remplacez immédiatement tout article utilisé après une intervention. Il est tentant de remettre la trousse en place en se disant « je rachèterai des compresses demain », mais l’urgence suivante n’attend pas. Conservez votre trousse dans un endroit accessible, au sec et à l’abri de la chaleur (pas dans la boîte à gants en plein été, où les températures dépassent facilement 60 °C).
Pour les propriétaires possédant plusieurs animaux ou des espèces différentes, je conseille une trousse unique avec des sous-pochettes identifiées par animal contenant les médicaments spécifiques et la fiche individuelle. Les consommables communs (compresses, bandes, antiseptique) restent dans le compartiment principal.
Enfin, je vous encourage vivement à suivre une formation aux premiers secours animaliers. Plusieurs organismes en France proposent des stages d’une journée, certifiants, qui vous apprendront les gestes de base : réanimation cardio-pulmonaire, manœuvre de Heimlich adaptée, contention sécurisée. La trousse la plus complète du monde ne sert à rien si vous ne savez pas comment l’utiliser.
À retenir
- Constituez une trousse contenant au minimum compresses stériles, sérum physiologique, chlorhexidine, bandes cohésives, ciseaux à bouts ronds, thermomètre et couverture de survie
- N’administrez jamais de paracétamol ni d’ibuprofène à votre animal : ces molécules sont potentiellement mortelles chez le chat et dangereuses chez le chien
- Vérifiez le contenu et les dates de péremption tous les 6 mois, au changement d’heure
- Glissez dans la trousse une fiche plastifiée avec le poids de l’animal, ses allergies, ses traitements et les numéros d’urgence (vétérinaire, centre antipoison : 04 78 87 10 40)
- Adaptez le contenu à votre activité : ajoutez bottines et attelle souple en randonnée, garrot et pince hémostatique en chasse
Questions fréquentes
Que doit contenir une trousse de premiers secours pour animaux au minimum ?
Au strict minimum, votre trousse doit contenir des compresses stériles, du sérum physiologique en dosettes, un antiseptique à base de chlorhexidine, des bandes cohésives, une paire de ciseaux à bouts ronds, un thermomètre rectal digital, une couverture de survie et des gants en nitrile. J’y ajoute systématiquement un tire-tique, une seringue sans aiguille et une muselière adaptée à la taille de l’animal. Ce kit de base coûte entre 30 et 50 euros en pharmacie ou animalerie.
Peut-on donner du Doliprane ou de l’Advil à un chien ou un chat ?
Non, absolument pas. Le paracétamol (Doliprane, Efferalgan) est mortel pour le chat, même à très faible dose, car son foie ne possède pas l’enzyme nécessaire pour le métaboliser. Chez le chien, il provoque des lésions hépatiques graves. L’ibuprofène (Advil, Nurofen) cause des ulcères gastriques et une insuffisance rénale chez les deux espèces. Seul votre vétérinaire peut prescrire un antidouleur adapté à votre animal, avec un dosage calculé en fonction de son poids.
Comment désinfecter une plaie sur un chien ou un chat ?
Commencez par rincer abondamment la plaie au sérum physiologique pour éliminer les débris. Ensuite, appliquez de la chlorhexidine en solution aqueuse à 0,05 % à l’aide d’une compresse stérile, en tamponnant doucement du centre vers les bords. Évitez l’alcool (trop douloureux), l’eau oxygénée (qui détruit les cellules saines) et les produits à base d’huiles essentielles (toxiques pour le chat). Couvrez ensuite la plaie avec une compresse maintenue par une bande cohésive et consultez votre vétérinaire dans les heures qui suivent.
Faut-il une trousse différente pour un chat, un chien ou un lapin ?
La base reste identique (compresses, antiseptique, sérum physiologique, thermomètre), mais certains ajustements sont nécessaires. Pour un chat, remplacez la muselière par une serviette épaisse de contention et évitez les produits iodés sans rinçage. Pour un lapin ou un cochon d’Inde, ajoutez du Critical Care (aliment de réanimation) et adaptez la taille du thermomètre. Les dosages de charbon activé varient selon l’espèce et le poids : notez-les sur votre fiche d’identité animale après avoir consulté votre vétérinaire.
Où ranger la trousse de premiers soins pour animal ?
Conservez votre trousse dans un endroit accessible à tous les membres de la famille, au sec et à l’abri de la chaleur. La salle de bains est souvent trop humide ; un placard de l’entrée ou un meuble du salon convient mieux. Évitez la boîte à gants de la voiture en été (températures supérieures à 60 °C qui dégradent les médicaments). Emportez-la systématiquement en promenade, en randonnée et en voyage. Signalez son emplacement à votre entourage pour qu’il puisse la trouver en votre absence.
Comment immobiliser un membre blessé sur un chien en attendant le vétérinaire ?
N’essayez pas de remettre un os en place. Posez une attelle improvisée (magazine roulé, bâton rembourré de tissu) le long du membre sans forcer sur l’articulation. Maintenez-la avec des bandes cohésives en veillant à ne pas trop serrer : vous devez pouvoir glisser un doigt entre la bande et la peau. Ne bougez pas l’articulation au-dessus et en dessous de la fracture suspectée. Portez votre chien jusqu’à la voiture plutôt que de le faire marcher et consultez en urgence. Si l’animal est très agité, la muselière est indispensable pour votre sécurité.
Vétérinaire diplômée de l'École Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort (promotion 2014), Dr Fabienne Marchal exerce depuis 12 ans en clinique à Limoges. Spécialisée en médecine préventive et nutrition animale, elle partage sur veterinairebeaublanc.fr ses conseils pour aider les propriétaires à prendre soin de leurs compagnons au quotidien.


