Diarrhée chez le chat : causes, remèdes et quand consulter

Dans cet article

  • Une diarrhée aiguë chez le chat dure moins de 48 à 72 heures ; au-delà, une consultation vétérinaire s’impose
  • Les causes les plus fréquentes sont l’écart alimentaire, les parasites internes et le stress (déménagement, nouvel animal)
  • Une diète de 12 à 24 heures suivie d’une alimentation hyperdigestible résout la majorité des épisodes bénins
  • Les chatons, les chats âgés et les chats immunodéprimés peuvent se déshydrater en moins de 24 heures
  • Un bilan coprologique coûte entre 20 et 45 euros et permet d’identifier parasites, bactéries ou virus
  • La vermifugation régulière (2 à 4 fois par an selon le mode de vie) reste la meilleure prévention

En douze années de pratique à Limoges, je peux vous affirmer que la diarrhée du chat figure dans le top 5 des motifs de consultation. Et je comprends l’inquiétude : découvrir des selles molles, liquides ou malodorantes dans la litière déclenche immédiatement la question diarrhée chat que faire. Bonne nouvelle, la plupart des épisodes sont bénins et se résolvent en quelques jours avec les bons réflexes. Mauvaise nouvelle, certains cas masquent des pathologies sérieuses qui nécessitent une prise en charge rapide. Dans cet article, je vous guide pas à pas pour évaluer la situation, agir efficacement à la maison et savoir exactement quand foncer chez votre vétérinaire.

Comprendre la diarrhée chez le chat : intestin grêle ou côlon ?

Avant de parler de remèdes, il faut comprendre ce qui se passe dans le tube digestif de votre chat. La diarrhée n’est pas une maladie en soi : c’est un symptôme qui traduit un dysfonctionnement du transit. Concrètement, l’eau n’est plus correctement réabsorbée par la muqueuse intestinale, ce qui produit des selles molles à liquides.

En médecine vétérinaire, on distingue deux types de diarrhée selon la localisation du problème :

La diarrhée de l’intestin grêle se caractérise par des selles volumineuses, parfois graisseuses ou jaunâtres, avec une fréquence modérément augmentée (3 à 5 selles par jour). Le chat peut perdre du poids rapidement car l’absorption des nutriments est compromise. Des vomissements y sont souvent associés.

La diarrhée du gros intestin (côlon) produit des selles en petite quantité mais très fréquentes, parfois accompagnées de mucus ou de traces de sang frais. Le chat fait des efforts visibles pour déféquer (ténesme) et peut avoir des accidents en dehors de la litière. C’est typiquement ce qu’on observe lors d’une colite.

Cette distinction n’est pas qu’académique : elle oriente directement le diagnostic et le traitement. Quand vous observez une diarrhée chez votre chat, notez ces détails ; ils seront précieux pour votre vétérinaire. Je recommande même de photographier les selles avec votre téléphone, aussi peu glamour que cela puisse paraître.

Surveiller la litière quotidiennement permet de détecter rapidement toute anomalie des selles
Surveiller la litière quotidiennement permet de détecter rapidement toute anomalie des selles

Les causes principales de la diarrhée du chat

Les origines d’une diarrhée féline sont multiples. Je les classe ici par fréquence décroissante, telles que je les rencontre au quotidien en clinique.

Écart alimentaire et transition mal conduite

C’est la cause numéro un. Un changement brutal de croquettes, un reste de table (fromage, charcuterie, sauce), un accès au poisson cru ou même la découverte d’une plante d’intérieur suffisent à perturber la flore digestive du chat. Le système digestif félin est beaucoup moins tolérant que celui du chien aux variations alimentaires. Si vous changez d’alimentation, une transition progressive sur 7 jours est indispensable, et ce conseil vaut aussi pour les chats.

Parasites internes

Les vers ronds (Toxocara cati), les vers plats (Dipylidium caninum), les coccidies et surtout Giardia sont des causes très fréquentes de diarrhée, en particulier chez le chaton et le chat qui sort. La giardiose provoque typiquement des selles molles, pâteuses et malodorantes, parfois intermittentes pendant des semaines.

Stress et anxiété

Le chat est un animal d’habitudes. Un déménagement, l’arrivée d’un nouveau membre dans le foyer (humain ou animal), des travaux ou même un conflit avec un autre chat peuvent déclencher une diarrhée dite « de stress ». Le mécanisme passe par une accélération du transit via le système nerveux entérique, souvent qualifié de « deuxième cerveau ».

Infections virales et bactériennes

Le typhus félin (panleucopénie) provoque une diarrhée hémorragique grave, potentiellement mortelle chez le chaton non vacciné. Le coronavirus félin (FCoV), très répandu, donne habituellement une diarrhée légère mais peut dans de rares cas muter en péritonite infectieuse féline (PIF). Les salmonelles et les Campylobacter sont également incriminés.

Intolérances et allergies alimentaires

Certains chats développent une intolérance au lactose (quasi systématique chez l’adulte), au gluten ou à certaines protéines animales. Contrairement à l’allergie alimentaire du chien qui se manifeste souvent par des démangeaisons, chez le chat, les signes digestifs prédominent.

Médicaments et toxiques

Les antibiotiques (en particulier l’amoxicilline-acide clavulanique), les anti-inflammatoires non stéroïdiens et certains antiparasitaires peuvent provoquer une diarrhée médicamenteuse. L’ingestion de produits ménagers, de plantes toxiques (lys, dieffenbachia) ou d’antigel constitue une urgence.

Maladies organiques

L’hyperthyroïdie (très fréquente chez le chat de plus de 10 ans), l’insuffisance rénale chronique, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), le lymphome digestif et l’insuffisance pancréatique exocrine sont autant de causes de diarrhée chronique qu’il ne faut pas négliger.

Reconnaître les signes de gravité

Toutes les diarrhées ne se valent pas. Voici les signaux d’alerte qui doivent vous pousser à consulter sans attendre :

  • Sang dans les selles : du sang rouge vif (hématochézie) ou des selles noires goudronneuses (méléna)
  • Vomissements associés : la combinaison diarrhée + vomissements accélère dangereusement la déshydratation
  • Abattement marqué : votre chat ne bouge plus, se cache, refuse tout contact
  • Refus total de boire : un chat qui ne s’hydrate plus du tout est en danger
  • Fièvre : une température rectale supérieure à 39,5 °C
  • Diarrhée chez un chaton de moins de 6 mois : les réserves sont faibles, la déshydratation peut survenir en quelques heures
  • Durée supérieure à 48 heures malgré la diète et les mesures de base
  • Douleur abdominale : le chat miaule au toucher du ventre, adopte une posture voûtée

Pour vérifier la déshydratation, effectuez le test du pli de peau : pincez doucement la peau entre les omoplates et relâchez. Si le pli met plus de 2 secondes à s’effacer, votre chat est déshydraté et doit voir un vétérinaire rapidement. Vous pouvez aussi vérifier les muqueuses : des gencives sèches, collantes ou pâles sont un signe d’alerte.

Critère Diarrhée bénigne Diarrhée préoccupante Urgence vétérinaire
Durée Moins de 24 h 24 à 48 h Plus de 48 h ou récidivante
Consistance Selles molles, pâteuses Selles liquides Selles liquides avec sang ou mucus abondant
État général Chat vif, mange et boit Chat un peu calme, appétit diminué Chat abattu, prostré, refuse de boire
Vomissements Aucun 1 à 2 épisodes Vomissements répétés
Hydratation Pli de peau normal Pli légèrement persistant Pli de peau persistant, gencives sèches
Température 38,0 à 39,0 °C 39,0 à 39,5 °C Supérieure à 39,5 °C ou inférieure à 37,5 °C
Conduite à tenir Surveillance à domicile Consultation dans les 24 h Consultation immédiate

Diarrhée chat que faire : les premiers gestes à la maison

Si votre chat présente une diarrhée sans signe de gravité (état général conservé, pas de sang, pas de vomissements), voici les gestes que je recommande systématiquement à mes clients.

Étape 1 : mettre le tube digestif au repos

Retirez la nourriture pendant 12 à 24 heures maximum chez le chat adulte. Attention : ne pratiquez jamais de diète alimentaire chez un chaton de moins de 4 mois, un chat diabétique ou un chat obèse. Chez ces animaux, le jeûne peut provoquer une lipidose hépatique, une pathologie grave du foie. L’eau fraîche doit rester disponible en permanence.

Étape 2 : hydrater, hydrater, hydrater

La priorité absolue est de compenser les pertes hydriques. Proposez de l’eau fraîche dans plusieurs points de la maison. Certains chats boivent davantage à la fontaine qu’au bol. Vous pouvez ajouter un peu de bouillon de poulet maison sans sel et sans oignon pour rendre l’eau plus attractive. En pharmacie, vous trouverez aussi des solutions de réhydratation orale (type Oralade) formulées pour les animaux.

Étape 3 : administrer un pansement digestif

Le montmorillonite (Smecta vétérinaire ou équivalent) est un pansement intestinal qui adsorbe les toxines et protège la muqueuse. La posologie usuelle chez le chat est d’un demi-sachet à un sachet par jour, dilué dans un peu d’eau et administré à la seringue. Je déconseille le Smecta humain aromatisé ; préférez la version nature ou les produits vétérinaires (Montmorillovet, Pro-Kolin).

Étape 4 : soutenir la flore intestinale

Les probiotiques vétérinaires (Fortiflora, Diarsanyl, Pro-Kolin) aident à rééquilibrer le microbiote intestinal. Ils contiennent des souches adaptées au chat comme Enterococcus faecium SF68. Saupoudrez la poudre sur la nourriture lors de la reprise alimentaire. Une cure de 5 à 7 jours est habituellement suffisante.

Étape 5 : surveiller la litière

Nettoyez la litière plus fréquemment pour limiter la réinfection parasitaire et évaluez l’évolution des selles. Notez la fréquence, la consistance et la couleur. Ces informations seront précieuses si vous devez consulter.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire : ne donnez jamais de lopéramide (Imodium) à votre chat sans avis vétérinaire. Ce médicament, utilisé chez l’humain, peut provoquer une excitation neurologique grave chez le chat, avec des doses toxiques très proches des doses thérapeutiques. De même, évitez l’aspirine et l’ibuprofène, tous deux toxiques pour les félins.

Le mélange poulet cuit et riz bien cuit constitue une ration de convalescence idéale pour le chat
Le mélange poulet cuit et riz bien cuit constitue une ration de convalescence idéale pour le chat

Quelle alimentation pendant et après un épisode de diarrhée ?

Après la période de diète, la reprise alimentaire doit être progressive et adaptée. Je recommande le protocole suivant :

Jour 1-2 (reprise) : proposez de petites portions (un quart de la ration habituelle) réparties en 4 à 6 repas dans la journée. L’aliment idéal est une alimentation hyperdigestible, soit sous forme de pâtée gastro-intestinale vétérinaire (Royal Canin Gastro Intestinal, Hill’s i/d, Purina EN), soit sous forme de ration ménagère simple : poulet cuit sans peau ni os mélangé à du riz bien cuit dans une proportion 50/50.

Jour 3-4 : augmentez progressivement les portions à la moitié de la ration normale, toujours en fractionnant les repas (3 à 4 fois par jour).

Jour 5-7 : retour progressif à l’alimentation habituelle en mélangeant l’aliment gastro-intestinal avec les croquettes ou la pâtée habituelles, en augmentant la proportion jour après jour.

Quelques règles importantes à respecter :

  • Pas de lait de vache : 90 % des chats adultes sont intolérants au lactose
  • Pas de poisson cru (risque de contamination bactérienne et de carence en thiamine)
  • Pas d’os cuits (risque de perforation intestinale)
  • Évitez les aliments gras, épicés ou sucrés

Si la qualité des croquettes de votre chat est médiocre (taux de céréales élevé, sous-produits animaux non précisés), un épisode de diarrhée est parfois l’occasion de revoir son alimentation de base avec votre vétérinaire.

Diagnostic et traitement vétérinaire

Quand la diarrhée persiste malgré vos mesures à domicile, ou d’emblée si des signes de gravité sont présents, votre vétérinaire dispose de plusieurs outils diagnostiques.

L’examen clinique

La palpation abdominale, la prise de température, l’évaluation de l’hydratation et l’observation de l’état corporel orientent déjà fortement le diagnostic. Le prix d’une consultation vétérinaire se situe entre 35 et 60 euros selon les régions.

La coprologie

L’analyse des selles au microscope (examen direct et flottation) détecte les œufs de parasites, les kystes de Giardia et les coccidies. Un test antigénique rapide peut compléter l’examen pour Giardia, dont les kystes sont parfois excrétés de façon intermittente. Comptez entre 20 et 45 euros pour une coprologie complète.

Les analyses sanguines

Un bilan sanguin (numération formule, biochimie, dosage T4 chez le chat senior) permet de détecter une infection, une insuffisance rénale, une hyperthyroïdie ou un syndrome inflammatoire. Le coût varie de 60 à 120 euros selon les paramètres recherchés.

L’imagerie

L’échographie abdominale est l’examen de choix pour visualiser les parois intestinales (épaississement, masse), les ganglions mésentériques et les organes abdominaux. Elle est particulièrement indiquée en cas de suspicion de corps étranger, de tumeur ou de MICI.

Les traitements courants

Cause identifiée Traitement Durée moyenne Coût indicatif
Vers ronds / vers plats Milbémycine + praziquantel (Milbemax) 1 à 2 prises à 15 jours d’intervalle 8 à 15 €
Giardiose Fenbendazole (Panacur) 5 jours ou métronidazole 5 à 10 jours 15 à 30 €
Coccidiose Toltrazuril (Baycox) 2 à 3 jours, à renouveler 10 à 25 €
Infection bactérienne Antibiotique ciblé après antibiogramme 7 à 14 jours 20 à 50 €
MICI Régime d’éviction + corticoïdes (prednisolone) Traitement au long cours 30 à 60 € / mois
Hyperthyroïdie Méthimazole (Félimazole) ou alimentation iodée restreinte Traitement à vie 25 à 50 € / mois
Déshydratation sévère Perfusion intraveineuse (hospitalisation) 24 à 72 heures 150 à 400 €

Comme pour la diarrhée du chien, le traitement repose avant tout sur la correction de la cause sous-jacente et non sur la simple suppression du symptôme.

Diarrhée chronique du chat : quand la situation persiste

On parle de diarrhée chronique lorsque les selles anormales persistent depuis plus de 3 semaines ou récidivent régulièrement. Dans ma pratique, cette situation concerne environ 15 à 20 % des cas de diarrhée féline et nécessite une démarche diagnostique approfondie.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)

Les MICI regroupent un ensemble d’affections caractérisées par une infiltration inflammatoire de la paroi intestinale. Le diagnostic de certitude repose sur des biopsies intestinales (réalisées par endoscopie ou chirurgie). Les symptômes typiques incluent une diarrhée intermittente, des vomissements chroniques, une perte de poids progressive et un appétit variable. Le traitement associe un régime hypoallergénique à des immunosuppresseurs (prednisolone en première intention, budésonide ou chlorambucil dans les cas réfractaires).

Le lymphome digestif

Le lymphome alimentaire est la tumeur digestive la plus fréquente du chat. Sa forme dite « de bas grade » ou « à petites cellules » peut être confondue avec une MICI, d’où l’importance des biopsies avec immunohistochimie. La bonne nouvelle : cette forme répond souvent bien à la chimiothérapie orale (chlorambucil + prednisolone), avec des médianes de survie de 18 à 24 mois.

L’hyperthyroïdie

Chez le chat de plus de 8 ans, une diarrhée chronique associée à un amaigrissement malgré un appétit conservé (voire augmenté) doit faire penser à l’hyperthyroïdie. Le diagnostic est simple : un dosage de la T4 totale sur prise de sang. Le traitement est très efficace, qu’il soit médical, chirurgical ou par iode radioactif.

L’insuffisance pancréatique exocrine

Plus rare chez le chat que chez le chien, cette affection se traduit par des selles volumineuses, graisseuses et une perte de poids. Le dosage de la TLI féline (trypsin-like immunoreactivity) confirme le diagnostic. Le traitement consiste en une supplémentation en enzymes pancréatiques à chaque repas.

Si votre chat souffre d’une diarrhée chronique, des examens complémentaires comme ceux pratiqués pour la cystite du chat peuvent être nécessaires afin d’exclure des pathologies systémiques.

Maintenir une hydratation optimale est la priorité absolue en cas de diarrhée féline
Maintenir une hydratation optimale est la priorité absolue en cas de diarrhée féline

Prévenir la diarrhée chez le chat au quotidien

La prévention reste le meilleur traitement. Voici mes recommandations concrètes issues de douze années de pratique clinique.

Vermifugation régulière

Je recommande de vermifuger votre chat 2 fois par an s’il vit strictement en intérieur et 4 fois par an (à chaque changement de saison) s’il a accès à l’extérieur. Les chatons doivent être vermifugés tous les mois jusqu’à l’âge de 6 mois. Privilégiez des vermifuges à large spectre associant milbémycine et praziquantel, efficaces contre les vers ronds et les vers plats. La prévention antiparasitaire est tout aussi importante que celle des puces, vecteurs du ver Dipylidium.

Alimentation stable et de qualité

Choisissez une alimentation premium riche en protéines animales (minimum 35 à 40 % de protéines sur matière sèche) et pauvre en glucides. Évitez de changer de marque ou de saveur fréquemment. Si un changement est nécessaire, respectez toujours une transition progressive sur 7 jours minimum.

Gestion du stress

Le chat a besoin de stabilité environnementale. Maintenez des routines régulières pour les repas. Offrez des espaces en hauteur, des cachettes et des zones calmes. En cas de changement prévisible (déménagement, arrivée d’un animal), utilisez des phéromones apaisantes (Feliway) en prévention. L’enrichissement du milieu (arbres à chat, jeux interactifs) réduit l’anxiété chronique.

Vaccination à jour

Le vaccin contre le typhus félin (panleucopénie) est considéré comme essentiel par les recommandations internationales (WSAVA). Il protège contre une cause de diarrhée potentiellement mortelle, en particulier chez le chaton.

Hygiène de la litière

Nettoyez la litière au moins une fois par jour et désinfectez le bac chaque semaine à l’eau de Javel diluée (rinçage soigneux). Prévoyez un bac par chat plus un supplémentaire dans un foyer multi-chats. Cette hygiène limite la réinfection par Giardia et les coccidies, dont les kystes sont très résistants dans l’environnement.

Attention aux plantes et toxiques

De nombreuses plantes d’intérieur courantes sont toxiques pour le chat : lys, dieffenbachia, poinsettia, ficus. Sécurisez votre intérieur et rangez systématiquement les produits ménagers. Si votre chat éternue en plus de présenter une diarrhée après exposition à un produit, consultez immédiatement.

À retenir

  • Pratiquez une diète de 12 à 24 heures (chat adulte uniquement) puis réalimentez progressivement avec un aliment hyperdigestible
  • Administrez un pansement digestif à base de montmorillonite et des probiotiques vétérinaires pendant 5 à 7 jours
  • Consultez immédiatement si vous observez du sang dans les selles, des vomissements répétés ou un abattement marqué
  • Vermifugez votre chat 2 à 4 fois par an selon son mode de vie avec un produit à base de milbémycine + praziquantel
  • Ne donnez jamais de lopéramide (Imodium) ni d’anti-inflammatoires humains à votre chat sans avis vétérinaire

Questions fréquentes


Combien de temps peut durer une diarrhée chez le chat ?

Une diarrhée aiguë bénigne se résout généralement en 24 à 72 heures avec les mesures appropriées (diète, réhydratation, probiotiques). Si elle persiste au-delà de 48 heures ou s’accompagne de signes de gravité, consultez votre vétérinaire. On parle de diarrhée chronique lorsqu’elle dure plus de 3 semaines, ce qui nécessite un bilan approfondi.


Puis-je donner du Smecta à mon chat ?

Oui, la montmorillonite (principe actif du Smecta) est utilisable chez le chat. Privilégiez la version nature non aromatisée ou mieux, un équivalent vétérinaire. La posologie habituelle est d’un demi-sachet à un sachet par jour, dilué dans un peu d’eau tiède et administré doucement à la seringue sans aiguille. Éloignez la prise de 2 heures de tout autre médicament, car le Smecta peut en réduire l’absorption.


Mon chat a la diarrhée mais mange normalement, est-ce grave ?

Un chat qui conserve son appétit et son état général est plutôt rassurant. Les causes les plus probables sont un écart alimentaire, un stress léger ou une parasitose intestinale. Appliquez les mesures de base (diète courte, probiotiques, surveillance) et consultez si la situation ne s’améliore pas sous 48 heures ou si d’autres symptômes apparaissent.


Quels aliments donner à un chat qui a la diarrhée ?

Après la période de diète, proposez un aliment hyperdigestible : soit une pâtée gastro-intestinale vétérinaire (Hill’s i/d, Royal Canin Gastro Intestinal, Purina EN), soit une ration ménagère composée de poulet cuit sans peau mélangé à du riz bien cuit (50/50). Fractionnez la ration en 4 à 6 petits repas. Évitez absolument le lait, le poisson cru et les restes de table.


La diarrhée du chat est-elle contagieuse pour l’homme ?

Certaines causes de diarrhée féline sont effectivement zoonotiques. Giardia, les salmonelles, les Campylobacter et certains parasites (toxoplasmose) peuvent se transmettre à l’homme, en particulier aux personnes immunodéprimées, aux enfants et aux femmes enceintes. Lavez-vous soigneusement les mains après avoir nettoyé la litière et portez des gants si votre chat a la diarrhée.


Mon chaton a la diarrhée, dois-je m’inquiéter ?

Chez le chaton, toute diarrhée doit être prise au sérieux. Les jeunes animaux se déshydratent très rapidement en raison de leurs faibles réserves. Les causes les plus fréquentes sont les parasites internes (vers ronds, coccidies, Giardia), les infections virales et le stress de l’adoption. Ne pratiquez pas de diète chez un chaton de moins de 4 mois et consultez votre vétérinaire dans les 24 heures.


Dr Fabienne Marchal
Dr Fabienne Marchal

Vétérinaire diplômée de l'École Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort (promotion 2014), Dr Fabienne Marchal exerce depuis 12 ans en clinique à Limoges. Spécialisée en médecine préventive et nutrition animale, elle partage sur veterinairebeaublanc.fr ses conseils pour aider les propriétaires à prendre soin de leurs compagnons au quotidien.