Maladie des yeux chez le chat : causes et solutions ?

Dans cet article

  • Les maladies oculaires du chat touchent 1 félin sur 5 au cours de sa vie, avec des causes infectieuses, traumatiques ou congénitales
  • Le coryza reste la première cause infectieuse d’atteinte oculaire chez le chat, avec des séquelles possibles sans traitement rapide
  • La procidence de la troisième paupière est un signe d’alerte qui nécessite une consultation sous 24 à 48 heures
  • Un ulcère cornéen non traité peut évoluer vers une perforation oculaire en 48 à 72 heures
  • La prévention repose sur la vaccination annuelle, l’hygiène oculaire régulière et la surveillance des premiers symptômes
  • Le coût moyen d’une consultation ophtalmologique vétérinaire se situe entre 50 et 90 euros, hors examens complémentaires

Votre chat a l’œil qui coule, une paupière gonflée ou une rougeur qui persiste depuis quelques jours ? Derrière ces signes en apparence banals se cachent des pathologies très différentes, de la simple conjonctivite à l’ulcère cornéen qui peut menacer la vision en quelques heures. Le réflexe d’attendre que ça passe est compréhensible, mais en ophtalmologie féline, il est rarement le bon. Voici un tour d’horizon complet des maladies des yeux chez le chat, de leurs causes à leurs traitements, pour vous aider à réagir vite et bien.

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Comprendre les maladies oculaires du chat

L’œil du chat est un organe particulièrement sophistiqué. Sa pupille verticale, sa membrane nictitante (troisième paupière) et sa capacité à voir dans des conditions de faible luminosité en font un outil de chasse remarquable. Mais cette complexité le rend aussi vulnérable à de nombreuses affections.

Quelles sont les maladies des yeux du chat ? On distingue trois grandes catégories de maladie oeil chat selon leur origine :

  • Les causes infectieuses : virus (herpèsvirus félin, calicivirus), bactéries (chlamydophila felis, mycoplasmes) et champignons. Le coryza, qui associe plusieurs de ces agents, reste la cause infectieuse numéro un.
  • Les causes traumatiques : griffures lors de bagarres entre chats, corps étrangers végétaux (épillets, brindilles), chocs directs. Les chats d’extérieur sont logiquement plus exposés.
  • Les causes congénitales et dégénératives : entropion (enroulement de la paupière vers l’intérieur), séquestre cornéen, atrophie rétinienne progressive, glaucome. Certaines races comme le Persan, le Siamois ou le Birman présentent des prédispositions génétiques.

L’environnement joue également un rôle. Les courants d’air, la poussière, la fumée de cigarette et certains produits ménagers irritent la surface oculaire du chat et favorisent les inflammations chroniques. Si vous souhaitez mieux reconnaître les signaux d’alerte généraux chez votre compagnon, je vous recommande de consulter notre guide sur les symptômes de maladie chez le chat.

Voir aussi Poils collés chez le chat : quelle maladie en est la cause ?

Les principales maladies des yeux du chat

En consultation, certaines pathologies reviennent avec une fréquence bien établie. Voici les affections oculaires que je diagnostique le plus souvent, avec leurs caractéristiques distinctives.

L'examen oculaire vétérinaire permet de diagnostiquer rapidement la plupart des affections de l'œil du chat
L’examen oculaire vétérinaire permet de diagnostiquer rapidement la plupart des affections de l’œil du chat

La conjonctivite

C’est la maladie oculaire la plus fréquente chez le chat. La conjonctive, cette fine membrane qui tapisse l’intérieur des paupières et le blanc de l’œil, s’enflamme et provoque rougeur, gonflement et écoulement. Quand un chat maladie oeil se présente en consultation, la conjonctivite représente environ 40 % des cas. Elle peut être d’origine virale, bactérienne, allergique ou liée à un corps étranger. L’écoulement est un bon indicateur : clair et séreux en cas de virus ou d’allergie, épais et jaunâtre en cas d’infection bactérienne.

L’ulcère cornéen

L’ulcère cornéen constitue une véritable urgence vétérinaire. Il s’agit d’une perte de substance sur la cornée, cette surface transparente à l’avant de l’œil. Le chat présente un œil fermé ou mi-clos, un larmoiement intense et une photophobie marquée. Sans traitement, un ulcère superficiel peut se creuser en 48 à 72 heures et aboutir à une perforation cornéenne nécessitant une chirurgie lourde, voire une énucléation. C’est pourquoi un chat qui garde un œil fermé plus de quelques heures doit être vu rapidement.

Le glaucome

Le glaucome résulte d’une augmentation de la pression intraoculaire qui endommage progressivement le nerf optique. Chez le chat, il est souvent secondaire à une uvéite chronique ou à une tumeur intraoculaire. L’œil peut apparaître plus gros, la pupille dilatée et fixe. La douleur est intense mais parfois silencieuse. Le glaucome félin est moins fréquent que chez le chien, mais ses conséquences sont tout aussi graves : la cécité peut s’installer en quelques jours si la pression n’est pas contrôlée.

L’uvéite

L’uvéite est une inflammation des structures internes de l’œil (iris, corps ciliaire, choroïde). Chez le chat, elle revêt une importance particulière car elle peut révéler des maladies systémiques graves comme la péritonite infectieuse féline (PIF), la leucose féline (FeLV) ou le virus de l’immunodéficience féline (FIV). L’œil apparaît trouble, la pupille rétrécie (myosis), et on observe parfois un changement de couleur de l’iris. Un bilan sanguin complet est systématiquement recommandé face à une uvéite féline.

Le séquestre cornéen

Cette pathologie est quasi exclusive au chat. Une plaque brune à noire apparaît sur la cornée, résultant d’une nécrose tissulaire. Les races brachycéphales (Persan, Exotic Shorthair, Himalayan) y sont particulièrement prédisposées. Le traitement est chirurgical : une kératectomie superficielle permet de retirer le tissu nécrosé, suivie parfois d’une greffe conjonctivale pour renforcer la cornée.

Maladie oculaire Symptômes principaux Gravité Urgence
Conjonctivite Rougeur, écoulement, gonflement Modérée Sous 48 h
Ulcère cornéen Œil fermé, larmoiement, douleur Élevée Sous 12 h
Glaucome Œil gonflé, pupille dilatée Très élevée Immédiate
Uvéite Œil trouble, myosis, changement de couleur Élevée Sous 24 h
Séquestre cornéen Tache brune sur la cornée Modérée à élevée Sous 1 semaine
Coryza oculaire Écoulements bilatéraux, éternuements Variable Sous 24 h
Entropion Paupière enroulée, irritation chronique Modérée Programmée

Coryza et atteintes oculaires : un lien fréquent

Le coryza du chat est un syndrome respiratoire et oculaire provoqué principalement par l’herpèsvirus félin de type 1 (FHV-1) et le calicivirus félin, souvent compliqués par des surinfections bactériennes à Chlamydophila felis. C’est la maladie yeux chat coryza par excellence, et elle représente une part considérable de mes consultations, surtout chez les chatons et les chats non vaccinés.

Quels sont les symptômes du coryza du chat ? Le tableau clinique associe typiquement :

  • Des écoulements oculaires bilatéraux, d’abord séreux puis mucopurulents
  • Des éternuements en salves et un jetage nasal
  • Une conjonctivite intense avec rougeur et gonflement des paupières
  • De la fièvre (souvent supérieure à 39,5 °C)
  • Une perte d’appétit liée à la congestion nasale
  • Parfois des ulcères buccaux (calicivirus)

Les complications oculaires du coryza peuvent être sévères. L’herpèsvirus félin provoque des ulcères cornéens dendritiques caractéristiques, visibles au test à la fluorescéine sous forme de ramifications typiques. Chez les chatons, une infection grave non traitée peut entraîner un symblépharon : les conjonctives adhèrent entre elles ou à la cornée, provoquant des séquelles visuelles définitives.

Est-ce qu’un chat peut guérir tout seul du coryza ? Un chat adulte en bonne santé peut effectivement surmonter une forme légère de coryza grâce à son système immunitaire. Cependant, je le déconseille fortement d’attendre sans traitement. Le virus s’installe de manière latente dans les ganglions nerveux et provoque des récidives lors de stress (déménagement, arrivée d’un nouvel animal, hospitalisation). De plus, les surinfections bactériennes peuvent aggraver rapidement le tableau. Un traitement précoce associant antiviraux (famciclovir), antibiotiques (doxycycline) et soins locaux réduit considérablement les risques de séquelles. Pour en savoir plus sur les pathologies félines courantes, consultez notre article sur la maladie du chat.

La troisième paupière : signal d’alerte à ne pas ignorer

La procidence de la troisième paupière chez le chat est un signe d'alerte à ne jamais négliger
La procidence de la troisième paupière chez le chat est un signe d’alerte à ne jamais négliger

La maladie yeux chat troisième paupière est une recherche fréquente, et pour cause : la procidence (apparition anormale) de la membrane nictitante inquiète légitimement les propriétaires. Cette fine membrane blanchâtre, normalement invisible, remonte depuis le coin interne de l’œil pour le recouvrir partiellement ou totalement.

Les causes de la procidence de la troisième paupière sont multiples :

  • Douleur oculaire : toute affection douloureuse de l’œil provoque une rétraction du globe et donc une remontée passive de la membrane nictitante
  • Syndrome de Haw : une procidence bilatérale bénigne, souvent consécutive à un épisode gastro-intestinal, qui se résout spontanément en 4 à 6 semaines
  • Syndrome de Claude Bernard-Horner : une atteinte neurologique qui associe procidence de la troisième paupière, myosis, ptosis (paupière tombante) et énophtalmie (œil enfoncé)
  • Déshydratation sévère : l’enfoncement des globes oculaires par manque de volume liquidien découvre la membrane nictitante
  • Parasitisme interne important : les vers intestinaux peuvent provoquer une procidence bilatérale chez le chaton

Si vous observez la troisième paupière de votre chat remonter sur un seul œil, c’est généralement le signe d’un problème localisé (douleur, corps étranger, inflammation). Si les deux yeux sont concernés, pensez plutôt à une cause générale. Dans tous les cas, une consultation s’impose dans les 24 à 48 heures. Les affections touchant d’autres zones sensibles comme les oreilles méritent aussi votre attention : découvrez notre article sur la maladie de l’oreille chez le chat.

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Voir aussi Comment reconnaître les symptômes de maladie du chat ?

Symptômes oculaires : quand consulter en urgence

Quels sont les symptômes d’une maladie des yeux chez un chat ? En pratique, voici les signes que je demande systématiquement à mes clients de surveiller :

  • Écoulement oculaire : séreux (clair), muqueux (filant) ou purulent (jaune-vert). Un écoulement unilatéral évoque un corps étranger ou un traumatisme ; bilatéral, plutôt une infection
  • Rougeur de l’œil : une conjonctive rouge traduit une inflammation active
  • Œil fermé ou mi-clos (blépharospasme) : signe de douleur oculaire aiguë, souvent lié à un ulcère cornéen
  • Opacité cornéenne : un voile blanc-bleuté sur la cornée signale un œdème ou une inflammation profonde
  • Changement de taille de la pupille : une pupille anormalement dilatée (mydriase) ou rétrécie (myosis) est toujours significative
  • Changement de couleur de l’iris : peut indiquer une uvéite, un mélanome ou une séquelle d’inflammation
  • Modification du comportement : le chat se frotte l’œil, fuit la lumière, perd l’appétit ou se cache

Certaines situations imposent une consultation en urgence, idéalement dans les heures qui suivent l’apparition des symptômes :

  • Un œil soudainement fermé avec larmoiement intense
  • Un traumatisme direct (coup de griffe, choc)
  • Un œil visiblement plus gros que l’autre
  • Du sang visible dans ou autour de l’œil
  • Une perte de vision apparente (le chat se cogne, hésite à sauter)

En cas de doute, n’hésitez jamais à appeler votre vétérinaire. Un examen rapide permet souvent d’écarter une urgence et de mettre en place un traitement adapté. Pour savoir comment réagir face à une situation critique, consultez notre article sur le 3115 urgence vétérinaire.

Diagnostic et examens vétérinaires

Lorsqu’un chat se présente avec un problème oculaire, je procède à un examen méthodique en plusieurs étapes. Cette démarche rigoureuse est indispensable pour poser un diagnostic précis et choisir le traitement le plus adapté.

L’examen clinique de base

J’observe d’abord le chat à distance pour évaluer la symétrie des yeux, la taille des pupilles et le comportement général. Puis j’examine les paupières, la conjonctive, la cornée et les structures internes à l’aide d’une source lumineuse focalisée. Cet examen simple permet déjà d’orienter le diagnostic dans la majorité des cas.

Le test à la fluorescéine

C’est l’examen de référence pour détecter les ulcères cornéens. Une goutte de colorant fluorescent est déposée sur l’œil : la fluorescéine adhère aux zones où l’épithélium cornéen est endommagé et apparaît vert vif sous lumière bleue. C’est un examen rapide, indolore et très fiable. Selon les données publiées par le Veterinary Practice, le test à la fluorescéine détecte plus de 95 % des ulcères cornéens superficiels.

La mesure de la pression intraoculaire

La tonométrie est essentielle pour diagnostiquer un glaucome ou une uvéite. À l’aide d’un tonomètre de type Tonovet, je mesure la pression à l’intérieur de l’œil. Les valeurs normales chez le chat se situent entre 15 et 25 mmHg. Une pression supérieure à 25 mmHg évoque un glaucome ; inférieure à 10 mmHg, une uvéite.

Le test de Schirmer

Ce test mesure la production lacrymale en plaçant une bandelette de papier buvard calibrée dans le cul-de-sac conjonctival pendant une minute. Une valeur inférieure à 10 mm par minute indique une kératoconjonctivite sèche (œil sec), une pathologie moins fréquente chez le chat que chez le chien mais qui existe néanmoins.

Examens complémentaires spécialisés

Dans certains cas, des examens plus poussés sont nécessaires : échographie oculaire pour visualiser les structures internes quand la cornée est opaque, fond d’œil pour examiner la rétine, PCR sur prélèvement oculaire pour identifier un agent infectieux précis (herpèsvirus, chlamydophila). Un bilan sanguin est souvent indiqué en cas d’uvéite pour rechercher une maladie systémique sous-jacente (FIV, FeLV, PIF, toxoplasmose).

Traitements des maladies oculaires félines

Le nettoyage quotidien des yeux est essentiel pour les races brachycéphales comme le Persan
Le nettoyage quotidien des yeux est essentiel pour les races brachycéphales comme le Persan

Le traitement d’une maladie des yeux chez le chat dépend évidemment du diagnostic posé. Voici les grandes lignes thérapeutiques que j’applique en clinique.

Traitements médicaux locaux

Les collyres et pommades ophtalmiques constituent la base du traitement de la majorité des affections oculaires félines. On utilise selon les cas :

  • Des collyres antibiotiques (tobramycine, acide fusidique, chloramphénicol) en cas d’infection bactérienne
  • Des collyres antiviraux (ganciclovir, cidofovir) contre l’herpèsvirus félin
  • Des collyres anti-inflammatoires (kétorolac, dexaméthasone) pour réduire l’inflammation, mais jamais en cas d’ulcère cornéen car les corticoïdes retardent la cicatrisation et aggravent les ulcères
  • Des collyres mydriatiques (atropine) pour dilater la pupille et soulager la douleur en cas d’uvéite
  • Du sérum autologue (préparé à partir du sang du chat) pour favoriser la cicatrisation cornéenne dans les cas réfractaires

L’administration de collyres à un chat demande de la patience. Je recommande de maintenir le chat enveloppé dans une serviette, de relever doucement la paupière supérieure et de déposer la goutte sans toucher l’œil avec l’embout. L’intervalle entre les instillations varie de 2 à 6 fois par jour selon la gravité.

Traitements médicaux généraux

Certaines affections nécessitent un traitement par voie orale ou injectable :

  • Famciclovir (40 à 90 mg/kg, 2 à 3 fois par jour) : antiviral de choix contre l’herpèsvirus félin
  • Doxycycline (10 mg/kg/jour) : antibiotique de référence contre Chlamydophila felis
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (méloxicam) pour contrôler l’inflammation en cas d’uvéite
  • L-lysine : bien que son efficacité soit débattue dans la littérature scientifique récente, certains praticiens la proposent encore en complément dans le cadre du coryza herpétique

Traitements chirurgicaux

La chirurgie vétérinaire oculaire intervient dans plusieurs situations :

  • Kératectomie superficielle : ablation du tissu cornéen nécrosé en cas de séquestre cornéen
  • Greffe conjonctivale : apport de tissu vascularisé pour renforcer une cornée fragilisée par un ulcère profond
  • Correction d’entropion : chirurgie des paupières pour corriger leur enroulement anormal
  • Énucléation : retrait de l’œil en dernier recours, lorsqu’il est douloureux et non fonctionnel (glaucome terminal, tumeur, perforation irréparable). Les chats s’adaptent remarquablement bien à la vie avec un seul œil

Le coût des interventions chirurgicales oculaires varie considérablement. Comptez entre 300 et 800 euros pour une kératectomie, et entre 400 et 600 euros pour une énucléation, anesthésie et hospitalisation comprises.

Traitement Indication principale Voie d’administration Coût indicatif
Collyre antibiotique Conjonctivite bactérienne Locale (gouttes) 10 à 20 €
Collyre antiviral (ganciclovir) Herpèsvirus oculaire Locale (gouttes) 15 à 30 €
Famciclovir oral Coryza herpétique Orale (comprimés) 30 à 60 € / semaine
Doxycycline Chlamydiose Orale (suspension) 15 à 25 €
Kératectomie Séquestre cornéen Chirurgicale 300 à 800 €
Énucléation Œil non fonctionnel et douloureux Chirurgicale 400 à 600 €

Prévention et hygiène oculaire au quotidien

La prévention reste le meilleur traitement. En tant que vétérinaire, je ne le répéterai jamais assez : de bonnes habitudes au quotidien réduisent considérablement le risque de maladie oculaire chez votre chat.

La vaccination

Le vaccin contre le coryza (associant herpèsvirus, calicivirus et parfois chlamydophila) est le pilier de la prévention. Le protocole recommandé par le European Advisory Board on Cat Diseases (ABCD) prévoit une primo-vaccination dès 8 semaines avec deux injections à 3-4 semaines d’intervalle, suivies d’un rappel annuel. La vaccination ne supprime pas totalement le risque d’infection, mais elle réduit considérablement la gravité des symptômes.

L’hygiène oculaire régulière

Pour les chats présentant un larmoiement chronique (fréquent chez les races brachycéphales), je recommande un nettoyage quotidien avec une solution oculaire physiologique stérile. Utilisez une compresse non tissée imbibée de solution et essuyez délicatement du coin interne vers l’extérieur. Changez de compresse entre chaque œil pour éviter les contaminations croisées. Évitez le coton hydrophile qui laisse des fibres irritantes.

L’environnement

Quelques mesures simples contribuent à préserver la santé oculaire de votre chat :

  • Évitez les courants d’air directs sur les zones de repos
  • Ne fumez pas à proximité de votre chat
  • Utilisez des produits ménagers sans parfum agressif
  • Maintenez un taux d’humidité correct dans votre intérieur (40 à 60 %)
  • Taillez les griffes de vos chats s’ils vivent à plusieurs, pour limiter les blessures oculaires lors de jeux

Les contrôles vétérinaires

Un examen annuel incluant un contrôle ophtalmologique permet de détecter précocement les anomalies silencieuses comme le glaucome débutant ou les lésions rétiniennes liées à l’hypertension artérielle (fréquente chez le chat âgé). Après 10 ans, je recommande un contrôle bisannuel avec mesure de la pression artérielle. Les problèmes de peau peuvent aussi être liés à des causes infectieuses similaires : renseignez-vous sur la gale du chat pour compléter votre vigilance.

Pour les chats ayant des antécédents de coryza herpétique, la gestion du stress est primordiale car le stress réactive le virus latent. Phéromones apaisantes (type Feliway), enrichissement de l’environnement et routine stable contribuent à espacer les récidives. Si votre chat présente d’autres symptômes qui vous inquiètent, consultez notre guide complet sur les 7 symptômes de maladie chez le chat à ne pas ignorer.

À retenir

  • Un chat qui garde un œil fermé plus de quelques heures doit être vu en urgence pour écarter un ulcère cornéen
  • Vaccinez votre chat contre le coryza chaque année : c’est la première cause de maladie oculaire infectieuse féline
  • Ne mettez jamais de collyre à base de cortisone sans prescription vétérinaire : en cas d’ulcère, les conséquences peuvent être irréversibles
  • Nettoyez les yeux de votre chat brachycéphale tous les jours avec une solution physiologique stérile et des compresses non tissées
  • Après 10 ans, faites contrôler la pression artérielle de votre chat deux fois par an pour prévenir les lésions rétiniennes liées à l’hypertension

Questions fréquentes


Quelles sont les maladies des yeux du chat ?

Les principales maladies oculaires du chat sont la conjonctivite (la plus fréquente), l’ulcère cornéen, le glaucome, l’uvéite, le séquestre cornéen et les atteintes liées au coryza. Certaines races prédisposées peuvent aussi souffrir d’entropion (enroulement de la paupière) ou d’atrophie rétinienne progressive. Chaque pathologie présente des symptômes et une gravité différents, d’où l’importance d’un diagnostic vétérinaire précis.


Quels sont les symptômes du coryza du chat ?

Le coryza se manifeste par des écoulements oculaires et nasaux (d’abord clairs puis purulents), des éternuements fréquents, de la fièvre, une perte d’appétit et parfois des ulcères dans la bouche. Sur le plan oculaire, on observe une conjonctivite bilatérale marquée avec rougeur, gonflement des paupières et parfois des ulcères cornéens. Les symptômes apparaissent généralement 2 à 5 jours après le contact avec un chat infecté.


Est-ce qu’un chat peut guérir tout seul du coryza ?

Un chat adulte en bonne santé peut surmonter une forme légère de coryza, mais je le déconseille fortement. Sans traitement, le virus (notamment l’herpèsvirus félin) s’installe de manière latente et provoque des récidives lors de périodes de stress. Les surinfections bactériennes peuvent aussi aggraver rapidement le tableau. Un traitement précoce avec des antiviraux et des antibiotiques réduit les risques de séquelles oculaires permanentes, en particulier chez les chatons.


Quels sont les symptômes d’une maladie des yeux chez un chat ?

Les signes à surveiller sont un écoulement oculaire (clair ou purulent), une rougeur de l’œil, un œil fermé ou mi-clos, une opacité de la cornée (voile blanc-bleuté), un changement de taille de la pupille, une modification de la couleur de l’iris ou l’apparition de la troisième paupière. Sur le plan comportemental, le chat peut se frotter l’œil, fuir la lumière, perdre l’appétit ou se cacher. Tout symptôme oculaire persistant plus de 24 heures justifie une consultation vétérinaire.


Mon chat a un œil qui coule, est-ce grave ?

Un écoulement oculaire isolé et clair n’est pas forcément grave : il peut s’agir d’une simple irritation passagère. En revanche, un écoulement jaune-vert, un œil rouge ou gonflé, un larmoiement persistant plus de 24 heures ou un écoulement associé à d’autres symptômes (éternuements, perte d’appétit) nécessite une consultation rapide. Chez les races à face plate, un larmoiement chronique modéré peut être normal mais doit être surveillé pour éviter les surinfections.


Combien coûte une consultation ophtalmologique pour un chat ?

Une consultation vétérinaire standard avec examen oculaire coûte entre 50 et 90 euros en France. Les examens complémentaires (test à la fluorescéine, tonométrie, test de Schirmer) sont souvent inclus ou facturés entre 15 et 40 euros supplémentaires chacun. Si des examens plus poussés sont nécessaires (échographie oculaire, PCR, fond d’œil), le coût total peut atteindre 150 à 250 euros. La chirurgie oculaire, quand elle est indiquée, varie de 300 à 800 euros selon l’intervention.


Fabienne Marchal
Fabienne Marchal

Rédactrice spécialisée en santé animale depuis douze ans. Elle n'est pas vétérinaire et ne délivre aucun avis médical : les articles sont documentaires et ne remplacent pas une consultation.

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