Gale du chat : reconnaître et traiter cette maladie de peau

Dans cet article

  • La gale du chat est causée par des acariens microscopiques, principalement Notoedres cati et Otodectes cynotis
  • Les premiers symptômes visibles sont un grattage intense, des croûtes grisâtres et une perte de poils localisée sur la tête et les oreilles
  • Le diagnostic repose sur un raclage cutané analysé au microscope par le vétérinaire
  • Le traitement par antiparasitaires (sélamectine, moxidectine) dure en moyenne 3 à 6 semaines selon la forme de gale
  • La gale du chat est faiblement transmissible à l’homme mais provoque des démangeaisons temporaires (gale pseudo-sarcoptique)
  • Un chat traité précocement guérit dans plus de 95 % des cas sans séquelles cutanées

Votre chat se gratte sans arrêt, perd ses poils par plaques et développe des croûtes que vous prenez pour de l’eczéma ou une allergie alimentaire ? Il y a de fortes chances qu’un acarien microscopique, invisible à l’œil nu, en soit la cause. La gale reste l’une des dermatoses parasitaires les plus fréquentes chez le chat, et un diagnostic tardif aggrave les lésions tout en exposant les autres animaux du foyer. Voici comment la reconnaître, la traiter rapidement et protéger votre compagnon au quotidien.

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Comprendre la gale du chat : définition et types d’acariens

La gale est une dermatose parasitaire provoquée par des acariens microscopiques qui creusent des galeries dans l’épiderme ou se nourrissent de débris cutanés. Chez le chat, trois espèces principales sont en cause, chacune ciblant une zone du corps différente.

Notoedres cati est l’agent de la gale notoédrique, aussi appelée gale de la tête. Ce parasite mesure environ 0,2 mm et creuse des sillons dans la peau du visage, des oreilles et du cou. C’est la forme la plus caractéristique chez le chat. Otodectes cynotis, quant à lui, vit dans le conduit auditif et provoque la gale auriculaire, extrêmement courante chez les chatons et les chats vivant en collectivité. Enfin, Sarcoptes scabiei peut occasionnellement infester le chat, même si ce parasite touche davantage le chien.

Le cycle de vie de ces acariens se déroule entièrement sur l’hôte. La femelle pond ses œufs dans l’épiderme, les larves éclosent en 3 à 5 jours, puis traversent plusieurs stades nymphaux avant de devenir adultes en 2 à 3 semaines. C’est cette multiplication rapide qui explique l’aggravation fulgurante des symptômes quand on tarde à consulter. Si votre chat présente d’autres symptômes de maladie inhabituels, une visite chez le vétérinaire s’impose sans attendre.

Inspection du conduit auditif d'un chat suspect de gale auriculaire en clinique vétérinaire
Inspection du conduit auditif d’un chat suspect de gale auriculaire en clinique vétérinaire

Voir aussi Maladie des griffes du chat : symptômes chez l’humain et conduite à tenir

Symptômes de la gale chez le chat : les signes qui alertent

Les manifestations cliniques varient selon le type de gale, mais certains signes d’alerte reviennent systématiquement. Voici les symptômes que j’observe le plus souvent en consultation.

Gale notoédrique (gale de la tête)

Le premier signe est un prurit intense : le chat se gratte frénétiquement le visage, les oreilles et le cou. Rapidement apparaissent des croûtes grisâtres et épaisses, d’abord sur le bord des oreilles, puis sur le front, le tour des yeux et le menton. La peau s’épaissit, prend un aspect plissé et parcheminé. Sans traitement, les lésions s’étendent aux pattes avant (par contact lors du toilettage) puis au reste du corps.

Gale auriculaire (otacariose)

Le chat secoue la tête de façon répétée et se gratte les oreilles. En regardant le conduit auditif, on observe un cérumen noirâtre, sec et granuleux, ressemblant à du marc de café. L’odeur est souvent désagréable. Dans les cas avancés, une otite bactérienne secondaire peut survenir, avec un écoulement purulent. J’ai détaillé les différentes pathologies auriculaires dans mon article sur la maladie de l’oreille chez le chat.

Signes généraux associés

  • Perte de poils (alopécie) localisée autour des lésions
  • Excoriations et saignements dus au grattage
  • Peau rouge, enflammée et parfois suintante
  • Perte d’appétit et amaigrissement dans les formes sévères
  • Agitation, nervosité et troubles du sommeil

Je conseille de consulter dès les premiers signes de grattage anormal. Plus la gale est prise en charge tôt, plus le traitement est simple et rapide.

Comment savoir si mon chat a la gale ou la teigne

C’est l’une des questions que me posent le plus souvent les propriétaires en consultation. Gale et teigne provoquent toutes deux des lésions cutanées et une perte de poils, mais leurs causes et leurs traitements sont radicalement différents.

Critère Gale Teigne
Agent causal Acarien (parasite) Champignon (dermatophyte)
Démangeaisons Très intenses, permanentes Légères à modérées, parfois absentes
Aspect des lésions Croûtes épaisses, grisâtres, peau plissée Plaques rondes, bien délimitées, poils cassés
Localisation principale Tête, oreilles, cou Tête, pattes, corps (zones variables)
Contagion humaine Possible mais temporaire Fréquente, nécessite un traitement antifongique
Diagnostic Raclage cutané au microscope Lampe de Wood, culture fongique
Durée du traitement 3 à 6 semaines 6 à 12 semaines

En pratique, la distinction se fait surtout sur l’intensité du prurit. Un chat atteint de gale se gratte de façon quasi permanente, alors qu’un chat teigneux présente des zones dépilées sans forcément se gratter. Le vétérinaire confirme le diagnostic grâce à des examens spécifiques. Pour une vision globale des maladies du chat, je vous invite à consulter mon guide complet.

Le diagnostic vétérinaire : raclage cutané et examens complémentaires

Un diagnostic précis est indispensable avant de démarrer tout traitement. En clinique, je procède selon un protocole rigoureux en plusieurs étapes.

L’examen clinique permet d’abord d’évaluer la localisation et l’étendue des lésions. La répartition des croûtes sur la tête et les oreilles oriente déjà fortement vers une gale notoédrique ou auriculaire.

Le raclage cutané est l’examen de référence. À l’aide d’une lame de bistouri, je racle superficiellement la peau en bordure des lésions, puis j’examine le prélèvement au microscope. La présence d’acariens adultes, de larves ou d’œufs confirme le diagnostic. Pour la gale auriculaire, un simple prélèvement de cérumen au coton-tige suffit généralement à visualiser les Otodectes cynotis au microscope.

Dans certains cas douteux, j’utilise l’examen otoscopique pour la gale auriculaire, qui permet de voir les acariens se déplacer dans le conduit. Selon les recommandations de l’ESCCAP (European Scientific Counsel Companion Animal Parasites), un traitement d’épreuve peut être initié lorsque la suspicion clinique est forte mais que le raclage reste négatif, ce qui arrive dans environ 20 % des cas de gale notoédrique.

Application d'une pipette antiparasitaire sur la nuque d'un chat pour traiter la gale
Application d’une pipette antiparasitaire sur la nuque d’un chat pour traiter la gale
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Voir aussi Poils collés chez le chat : ce que ça révèle vraiment sur sa santé

Comment guérir la gale chez le chat : traitements efficaces

Le traitement de la gale féline repose sur l’administration d’antiparasitaires systémiques ou topiques, associés à des soins locaux pour soulager les lésions. En tant que vétérinaire, je tiens à souligner qu’un traitement adapté au type de gale et au poids du chat ne peut être prescrit que par un professionnel.

Les antiparasitaires de première intention

Les molécules les plus utilisées aujourd’hui sont :

  • Sélamectine (pipette spot-on) : appliquée une fois par mois, efficace contre la gale notoédrique et auriculaire. Deux à trois applications suffisent généralement.
  • Moxidectine (en association avec l’imidaclopride) : même mode d’application, excellente efficacité sur les différentes formes de gale.
  • Ivermectine (injection sous-cutanée) : réservée aux cas réfractaires, avec des précautions particulières chez certaines races sensibles.

Pour la gale auriculaire, un nettoyage auriculaire préalable est indispensable. J’utilise un produit céruminolytique pour dissoudre le cérumen noirâtre avant d’appliquer le traitement. Les gouttes auriculaires à base de thiabendazole ou de fipronil complètent l’action systémique.

Les soins complémentaires

Quand les lésions sont sévères, je prescris des antibiotiques pour traiter les surinfections bactériennes et des anti-inflammatoires courts pour calmer le prurit le temps que l’antiparasitaire agisse. Des bains antiseptiques à base de chlorhexidine aident à nettoyer les croûtes et à désinfecter la peau.

Et les traitements naturels ?

Beaucoup de propriétaires me demandent si des traitements naturels peuvent soigner la gale. Je suis claire sur ce point : aucun remède naturel n’a prouvé son efficacité pour éliminer les acariens responsables de la gale. L’huile de coco, l’aloe vera ou le vinaigre de cidre peuvent apporter un léger soulagement cutané en complément, mais ils ne remplacent en aucun cas un traitement antiparasitaire. Utiliser uniquement des solutions naturelles expose votre chat à une aggravation et à une propagation de l’infestation.

Le coût du traitement complet (consultation, raclage, antiparasitaires et soins) se situe généralement entre 80 et 200 euros selon la sévérité. C’est un investissement raisonnable pour une guérison complète en quelques semaines.

La gale du chat est-elle contagieuse pour l’homme et les autres animaux

C’est une préoccupation légitime et fréquente. La réponse dépend du type d’acarien en cause.

Notoedres cati peut temporairement infester l’homme par contact direct avec un chat malade. On parle de gale pseudo-sarcoptique : les acariens provoquent des démangeaisons et des petites lésions rouges sur les avant-bras et les mains, mais ils ne peuvent pas se reproduire sur la peau humaine. Les symptômes disparaissent spontanément en quelques jours dès que le chat est traité. Toutefois, selon les données de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire), il est recommandé de consulter un médecin si les démangeaisons persistent au-delà d’une semaine.

Otodectes cynotis est très contagieux entre animaux (chats, chiens, furets), mais ne touche pratiquement jamais l’homme. Un seul chat atteint dans un foyer multi-animaux impose de traiter tous les animaux simultanément, même ceux qui ne présentent pas encore de symptômes.

La transmission se fait par contact direct entre animaux ou par l’environnement contaminé (couchage, brosses). Les chats errants, les chatteries et les refuges sont les principaux foyers de contamination. Pour en savoir plus sur les maladies potentiellement graves chez le chat, je vous recommande mon article dédié.

Prévention et désinfection de l’environnement

Traiter le chat ne suffit pas si son environnement reste contaminé. Les acariens peuvent survivre quelques jours à quelques semaines dans les tissus et sur les surfaces, selon la température et l’humidité ambiantes.

Mesures de désinfection du foyer

  • Laver tous les tissus en contact avec le chat (couvertures, coussins, housses) à 60 °C minimum
  • Passer l’aspirateur quotidiennement sur les zones de couchage et jeter le sac après chaque utilisation
  • Utiliser un acaricide en spray sur les surfaces non lavables (arbre à chat, canapé, moquette)
  • Désinfecter les gamelles, les brosses et les jouets à l’eau chaude additionnée de chlorhexidine
  • Isoler le chat malade des autres animaux du foyer pendant toute la durée du traitement
Lavage des textiles du chat à 60 °C pour éliminer les acariens de l'environnement
Lavage des textiles du chat à 60 °C pour éliminer les acariens de l’environnement

Prévention au long cours

La meilleure protection reste l’utilisation régulière d’un antiparasitaire externe à large spectre. Les pipettes mensuelles à base de sélamectine ou de moxidectine protègent simultanément contre les puces, certains vers et les acariens de la gale. Je recommande également de :

  • Faire examiner tout nouveau chat entrant dans le foyer avant de le mettre en contact avec vos autres animaux
  • Limiter les contacts avec des chats errants ou de statut sanitaire inconnu
  • Réaliser un contrôle vétérinaire annuel incluant un examen dermatologique
  • Surveiller régulièrement les oreilles de votre chat, surtout chez les chatons

Un chat dont le état de santé général est bon et dont le système immunitaire fonctionne normalement résiste mieux aux infestations parasitaires. Une alimentation équilibrée et de qualité contribue à maintenir une barrière cutanée efficace.

Complications possibles et formes graves de la gale féline

Quand la gale n’est pas traitée ou qu’elle touche un chat immunodéprimé, les complications peuvent être sérieuses. J’ai malheureusement vu en clinique des cas très avancés, notamment chez des chats errants ou des animaux âgés.

Surinfections bactériennes

Le grattage constant crée des plaies ouvertes qui constituent une porte d’entrée pour les bactéries. Des pyodermites (infections cutanées purulentes) se développent alors, nécessitant un traitement antibiotique prolongé en plus de l’antiparasitaire. La peau peut devenir croûteuse, suintante et malodorante.

Gale généralisée

Sans traitement, la gale notoédrique peut s’étendre à l’ensemble du corps. La peau s’épaissit considérablement (lichénification), les croûtes se superposent en couches épaisses et la douleur remplace progressivement les démangeaisons. Le chat cesse de s’alimenter, s’affaiblit et peut développer des infections systémiques potentiellement mortelles.

Complications auriculaires

La gale auriculaire non traitée évolue vers une otite moyenne, voire une otite interne avec atteinte de l’appareil vestibulaire. Le chat présente alors une tête penchée, des troubles de l’équilibre et une démarche titubante. Ces complications neurologiques nécessitent une prise en charge d’urgence. Consultez mon article sur les maladies de l’oreille chez le chat pour reconnaître les signes précoces d’otite. Si la situation est grave, n’hésitez pas à joindre un vétérinaire en urgence.

Cas particuliers

Les chatons, les chats âgés et les chats atteints du FIV (virus de l’immunodéficience féline) ou du FeLV (leucose féline) sont plus vulnérables. Chez ces patients, la gale peut évoluer en forme croûteuse sévère, appelée parfois gale norvégienne par analogie avec la forme humaine. Le pronostic reste favorable avec un traitement précoce et adapté, mais la durée de guérison est souvent plus longue.

À retenir

  • Consultez votre vétérinaire dès les premiers signes de grattage anormal ou de croûtes sur la tête et les oreilles
  • Traitez tous les animaux du foyer simultanément, même ceux qui ne présentent pas de symptômes
  • Privilégiez les antiparasitaires à base de sélamectine ou moxidectine en pipette mensuelle
  • Lavez les textiles à 60 °C et utilisez un acaricide en spray sur les surfaces non lavables
  • Ne comptez pas sur les traitements naturels seuls : ils ne tuent pas les acariens et retardent la guérison

Questions fréquentes


Quels sont les signes de la gale chez le chat ?

Les signes principaux sont un grattage intense et permanent, des croûtes grisâtres épaisses sur la tête, les oreilles et le cou, une perte de poils localisée, une peau rouge et épaissie. Pour la gale auriculaire, on observe un cérumen noir et granuleux dans les oreilles, des secouements de tête fréquents et parfois une odeur désagréable. En cas de doute, un raclage cutané chez le vétérinaire permet de confirmer le diagnostic.


Comment savoir si mon chat a la gale ou la teigne ?

La différence principale réside dans l’intensité des démangeaisons. Un chat atteint de gale se gratte de façon quasi permanente avec des croûtes épaisses, alors que la teigne provoque des plaques rondes dépilées avec peu ou pas de démangeaisons. La gale est causée par un acarien (parasite), la teigne par un champignon (dermatophyte). Seul le vétérinaire peut poser un diagnostic définitif grâce au raclage cutané pour la gale ou à la culture fongique pour la teigne.


Comment guérir la gale chez le chat ?

Le traitement repose sur des antiparasitaires prescrits par le vétérinaire : pipettes à base de sélamectine ou moxidectine appliquées une fois par mois pendant 2 à 3 mois, ou injections d’ivermectine dans les cas résistants. Pour la gale auriculaire, un nettoyage des oreilles et des gouttes auriculaires complètent le traitement. Il est essentiel de traiter tous les animaux du foyer et de désinfecter l’environnement. La guérison intervient généralement en 3 à 6 semaines.


Comment attrape-t-on la gale de chat ?

La gale se transmet principalement par contact direct entre un chat sain et un chat infesté. Les environnements à risque sont les chatteries, les refuges et les colonies de chats errants. Les acariens peuvent aussi survivre quelques jours dans les tissus (couchage, couvertures), permettant une contamination indirecte. L’homme peut être temporairement atteint par contact avec un chat malade, mais les acariens du chat ne se reproduisent pas sur la peau humaine.


La gale du chat est-elle transmissible à l’homme ?

Oui, mais de façon temporaire. L’acarien Notoedres cati peut provoquer chez l’homme des démangeaisons et de petites lésions rouges sur les mains et les avant-bras (gale pseudo-sarcoptique). Cependant, il ne peut pas se reproduire sur la peau humaine : les symptômes disparaissent spontanément en quelques jours une fois le chat traité. Si les démangeaisons persistent, consultez votre médecin.


Combien coûte le traitement de la gale chez le chat ?

Le coût total du traitement (consultation, raclage cutané diagnostique, antiparasitaires et soins complémentaires) se situe généralement entre 80 et 200 euros selon la sévérité de l’infestation et le nombre de visites nécessaires. Les pipettes antiparasitaires coûtent entre 10 et 25 euros par application, et il faut compter 2 à 3 applications en moyenne. Certaines mutuelles animales remboursent une partie de ces frais.


Fabienne Marchal
Fabienne Marchal

Rédactrice spécialisée en santé animale depuis douze ans. Elle n'est pas vétérinaire et ne délivre aucun avis médical : les articles sont documentaires et ne remplacent pas une consultation.

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