Dans cet article
- Les 10 maladies du chat les plus fréquentes en clinique vétérinaire, du coryza à l’insuffisance rénale
- Le coryza félin touche plus de 50 % des chats non vaccinés et se manifeste par des éternuements, un écoulement nasal et oculaire
- Certaines maladies de chat sont transmissibles à l’homme (zoonoses) : toxoplasmose, teigne, maladie des griffes du chat
- La vaccination reste le moyen de prévention le plus efficace contre le typhus, le coryza et la leucose féline
- Un bilan sanguin annuel est recommandé dès 7 ans pour détecter précocement les maladies rénales et métaboliques
- Les affections cutanées et la maladie œil chat figurent parmi les motifs de consultation les plus courants
Sommaire
- Les 10 maladies les plus fréquentes chez le chat
- Le coryza du chat : symptômes, causes et traitement
- Les maladies virales graves : FIV, FeLV et PIF
- Maladies de peau et affections oculaires du chat
- Maladies du chat transmissibles à l’homme
- Les maladies liées au vieillissement du chat
- Prévention et vaccination : protéger efficacement votre chat
- Quand consulter en urgence votre vétérinaire ?
Votre chat éternue depuis deux jours, perd du poids sans explication ou se met à boire plus que d’habitude ? Ces signes, souvent discrets, peuvent révéler une pathologie sérieuse. Le problème, c’est que les chats masquent instinctivement leur douleur, ce qui retarde le diagnostic et réduit les chances d’agir à temps. Cet article fait le point sur les principales maladies du chat, leurs symptômes et les réflexes à adopter pour protéger votre félin au quotidien.
Les 10 maladies les plus fréquentes chez le chat
Quelles sont les maladies les plus courantes chez les chats ? Cette question revient lors de presque chaque première consultation. D’après mon expérience et les données épidémiologiques publiées par l’Ordre national des vétérinaires, voici le classement des pathologies que je diagnostique le plus souvent.

| Maladie | Type | Gravité | Vaccination possible |
|---|---|---|---|
| Coryza | Virale / bactérienne | Modérée à sévère | Oui |
| Typhus (panleucopénie) | Virale | Très sévère | Oui |
| Leucose féline (FeLV) | Virale | Mortelle | Oui |
| FIV (sida du chat) | Virale | Chronique, mortelle | Non disponible en France |
| Péritonite infectieuse (PIF) | Virale | Mortelle | Non |
| Insuffisance rénale chronique | Dégénérative | Progressive | Non |
| Diabète félin | Métabolique | Modérée (gérable) | Non |
| Hyperthyroïdie | Endocrinienne | Modérée | Non |
| Teigne | Fongique | Faible | Non |
| Cystite idiopathique | Urinaire | Modérée | Non |
Ce tableau résume les maladie du chat que je rencontre au quotidien. Certaines sont bénignes si elles sont prises en charge rapidement ; d’autres, comme la leucose ou le typhus, peuvent être mortelles en quelques jours. Le point commun ? La plupart se préviennent ou se contrôlent grâce à une surveillance régulière et un protocole vaccinal adapté.
Voir aussi Poils collés chez le chat : quelle maladie en est la cause ?
Le coryza du chat : symptômes, causes et traitement
Le coryza est sans doute la maladie la plus courante chez le chat. Je le vois chaque semaine en consultation, particulièrement chez les chatons, les chats non vaccinés et ceux vivant en collectivité (élevages, refuges). Il s’agit d’un syndrome respiratoire causé par l’association de plusieurs agents pathogènes : l’herpèsvirus félin de type 1 (FHV-1), le calicivirus félin (FCV) et parfois la bactérie Chlamydophila felis.
Quels sont les symptômes du coryza du chat ? Le tableau clinique est assez caractéristique. Le chat présente des éternuements en salve, un écoulement nasal qui peut devenir purulent, une conjonctivite avec un écoulement oculaire verdâtre, une perte d’appétit et parfois de la fièvre dépassant 39,5 °C. Dans les formes graves, j’observe des ulcères buccaux (surtout avec le calicivirus) qui empêchent le chat de s’alimenter. Le chat maladie respiratoire est alors particulièrement abattu.
Le traitement repose sur plusieurs axes. En première intention, je prescris un antibiotique à large spectre (doxycycline le plus souvent) pour traiter la surinfection bactérienne, un anti-inflammatoire non stéroïdien pour réduire la fièvre et la douleur, un collyre antibiotique, et des séances d’inhalation pour dégager les voies respiratoires. Pour les chats qui ne mangent plus, une hospitalisation avec réhydratation intraveineuse peut être nécessaire. La guérison survient généralement en 7 à 14 jours, mais le virus reste latent : des récidives sont possibles lors de stress ou de baisse immunitaire.
La prévention passe par la vaccination dès 8 semaines, avec un rappel à 12 semaines puis annuellement. Je conseille vivement de ne pas attendre pour vacciner, surtout si votre chat sort ou côtoie d’autres félins. Consultez notre article sur les symptômes de la maladie du chat pour apprendre à repérer les premiers signes.
Les maladies virales graves : FIV, FeLV et PIF
Parmi les maladie de chat les plus redoutées, trois pathologies virales occupent une place particulière dans ma pratique quotidienne. Ce sont des maladies chroniques ou mortelles pour lesquelles les options thérapeutiques restent limitées.
La leucose féline (FeLV)
Le virus de la leucose féline est un rétrovirus qui attaque le système immunitaire et peut provoquer des lymphomes et des leucémies. La transmission se fait par contact direct : salive, sang, urine, lait maternel. Un chat porteur peut vivre plusieurs années sans symptôme avant de déclarer la maladie. Le test de dépistage (SNAP test) se réalise en clinique en 10 minutes. Il n’existe pas de traitement curatif, mais la vaccination contre la leucose est très efficace et recommandée pour tout chat ayant accès à l’extérieur.

Le FIV (immunodéficience féline)
Souvent appelé “sida du chat”, le FIV se transmet principalement par morsure profonde. Les chats mâles non castrés et bagarreurs sont les plus exposés. L’infection évolue lentement : le chat peut rester asymptomatique pendant des années avant de développer des infections opportunistes. Il n’existe pas de vaccin disponible en France. La castration et la limitation de l’accès extérieur restent les meilleurs moyens de prévention. Un chat FIV positif peut néanmoins vivre 8 à 10 ans avec un suivi vétérinaire régulier.
La péritonite infectieuse féline (PIF)
La PIF est causée par une mutation du coronavirus félin intestinal. C’est une maladie chat mortelle qui se présente sous deux formes : la forme humide (épanchements abdominaux ou thoraciques) et la forme sèche (atteinte oculaire, neurologique, hépatique). Depuis 2023, des traitements antiviraux (GS-441524) montrent des résultats prometteurs, avec des taux de rémission supérieurs à 80 % dans certaines études. Parlez-en à votre vétérinaire si votre chat est diagnostiqué.
Maladies de peau et affections oculaires du chat
Les problèmes dermatologiques et la maladie œil chat représentent environ 20 % de mes consultations. Les chats sont sensibles à de nombreuses affections cutanées dont les causes varient : parasites, champignons, allergies ou maladies auto-immunes.
La teigne féline
La teigne est une maladie de peau du chat causée par un champignon (Microsporum canis). Elle provoque des zones dépilées arrondies, parfois croûteuses, sur la tête, les oreilles ou les pattes. Le diagnostic se confirme par examen à la lampe de Wood ou culture fongique. Le traitement combine un antifongique oral (itraconazole) pendant 6 à 8 semaines et des applications locales. Attention : la teigne est transmissible à l’homme.
La dermatite allergique
Les allergies félines se manifestent souvent par un prurit intense, des plaques rouges, une perte de poils et parfois un complexe granulome éosinophilique. Les puces sont la première cause d’allergie cutanée chez le chat. Un seul piqûre suffit à déclencher une réaction chez un animal sensibilisé. Le traitement antiparasitaire mensuel strict est donc essentiel, associé parfois à un régime d’éviction alimentaire si une allergie alimentaire est suspectée.
Les affections oculaires
La maladie œil chat la plus fréquente est la conjonctivite, souvent liée au coryza. Je vois aussi régulièrement des ulcères cornéens (test à la fluorescéine positif), des uvéites (inflammation intraoculaire, signe d’une maladie systémique) et le séquestre cornéen, spécifique aux félins. Tout œil rouge, fermé ou larmoyant chez un chat justifie une consultation rapide pour éviter des lésions irréversibles. Les atteintes de l’oreille du chat sont également fréquentes et méritent une attention particulière.
Voir aussi Comment reconnaître les symptômes de maladie du chat ?
Maladies du chat transmissibles à l’homme
Quelle est la maladie la plus courante liée aux chats en termes de transmission à l’homme ? C’est une préoccupation légitime de nombreux propriétaires, notamment les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Plusieurs les maladie du chat peuvent effectivement se transmettre à l’être humain ; on parle de zoonoses.
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), les principales zoonoses félines sont les suivantes.
- La toxoplasmose : causée par le parasite Toxoplasma gondii, transmis par les selles du chat. Le risque est surtout important pour les femmes enceintes séronégatives (risque de malformations fœtales). Mesures de prévention : porter des gants pour nettoyer la litière, la changer tous les jours, bien cuire la viande.
- La maladie des griffes du chat (bartonellose) : due à la bactérie Bartonella henselae, transmise par griffure ou morsure. Elle provoque chez l’homme une adénopathie locale (ganglion gonflé) et parfois de la fièvre. Retrouvez plus de détails dans notre article sur la maladie des griffes du chat et son traitement.
- La teigne : transmission par contact direct avec un chat infecté. Les enfants sont particulièrement réceptifs.
- La pasteurellose : infection bactérienne transmise par morsure, nécessitant une antibiothérapie rapide.
- L’échinococcose : rare mais grave, transmise par les selles de chats chasseurs.
Pour approfondir ce sujet, consultez également notre article détaillé sur le traitement de la maladie des griffes du chat. En cas de morsure ou de griffure profonde, nettoyez la plaie à l’eau savonneuse et consultez votre médecin traitant.
Les maladies liées au vieillissement du chat
Avec l’amélioration des soins vétérinaires, nos chats vivent de plus en plus longtemps : 15 à 20 ans pour les plus chanceux. Mais cette longévité s’accompagne de pathologies dégénératives qu’il faut savoir anticiper.

L’insuffisance rénale chronique
C’est la maladie du chat âgé par excellence. Elle touche environ 30 % des chats de plus de 10 ans. Les reins perdent progressivement leur capacité de filtration. Les symptômes apparaissent tardivement : augmentation de la soif (polydipsie), urines abondantes (polyurie), perte de poids, vomissements. Un bilan sanguin (créatinine, urée, SDMA) et une analyse d’urine permettent un diagnostic précoce. Le traitement repose sur une alimentation rénale spécifique, une hydratation adaptée et parfois des médicaments pour contrôler la pression artérielle et la protéinurie.
Le diabète félin
Le diabète sucré touche surtout les chats en surpoids de plus de 8 ans. Le chat boit beaucoup, urine abondamment et maigrit malgré un appétit conservé. Le traitement nécessite des injections d’insuline biquotidiennes et un régime alimentaire pauvre en glucides. La bonne nouvelle : certains chats diabétiques entrent en rémission après quelques mois de traitement bien conduit. Si vous avez récemment stérilisé votre chaton, surveillez son poids grâce à une alimentation adaptée.
L’hyperthyroïdie
Cette maladie endocrinienne, due à une hypersécrétion d’hormones thyroïdiennes, est fréquente chez le chat de plus de 10 ans. Le chat est hyperactif, mange beaucoup mais maigrit, vomit parfois et peut présenter des troubles cardiaques. Le diagnostic repose sur le dosage de la T4 totale. Plusieurs options thérapeutiques existent : médicament quotidien (méthimazole), alimentation spécifique pauvre en iode, chirurgie ou radiothérapie à l’iode 131.
L’arthrose féline
Longtemps sous-diagnostiquée, l’arthrose touche plus de 60 % des chats de plus de 6 ans selon les études radiographiques. Les signes sont subtils : le chat saute moins, hésite avant de monter sur le canapé, est moins joueur. Des traitements anti-douleur (anti-inflammatoires, gabapentine) et des aménagements de l’environnement (marches intermédiaires, litière à bords bas) améliorent considérablement sa qualité de vie.
Prévention et vaccination : protéger efficacement votre chat
La prévention reste le meilleur investissement pour la santé de votre félin. Voici les piliers d’une protection efficace contre la maladie de chat.
Le protocole vaccinal
Je recommande un schéma vaccinal en trois étapes pour les chatons :
- 8 semaines : première injection typhus + coryza (TC)
- 12 semaines : rappel TC + leucose (si accès extérieur) + rage (si voyage)
- 16 semaines : dernier rappel chaton
- Puis rappel annuel à vie (certains vaccins peuvent être espacés tous les 3 ans selon les recommandations de l’ABCD)
Le coût d’une consultation vaccinale se situe entre 55 et 85 euros selon les vaccins administrés. Un investissement dérisoire comparé au coût du traitement d’un coryza sévère ou d’une leucose.
La vermifugation et l’antiparasitaire
Un chat d’intérieur doit être vermifugé 2 fois par an ; un chat qui sort, 4 fois par an. Pour le traitement antiparasitaire externe (puces et tiques), j’opte pour un traitement mensuel, surtout du printemps à l’automne. Attention aux produits pour chiens contenant de la perméthrine, mortelle pour le chat. Vérifiez systématiquement que le produit est bien indiqué pour l’espèce féline.
La stérilisation
La stérilisation réduit significativement le risque de certaines maladies : tumeurs mammaires (réduction de 90 % si réalisée avant les premières chaleurs), pyomètre chez la femelle, bagarres et transmission du FIV chez le mâle. Je conseille la stérilisation vers 6 mois, avant la puberté.
L’alimentation et le suivi vétérinaire
Une alimentation de qualité, riche en protéines animales et pauvre en glucides, contribue à maintenir votre chat en bonne santé. Dès 7 ans, je recommande un bilan sanguin et urinaire annuel pour détecter précocement les maladies chroniques. En cas de chirurgie vétérinaire nécessaire, un bilan préopératoire complet est indispensable.
Quand consulter en urgence votre vétérinaire ?
Certains symptômes de la maladie du chat nécessitent une consultation dans les heures qui suivent. N’attendez pas si vous observez :
- Une difficulté respiratoire (respiration bouche ouverte, halètement)
- Une impossibilité d’uriner depuis plus de 12 heures (obstruction urinaire, urgence vitale chez le mâle)
- Des convulsions ou une perte de conscience
- Un traumatisme (chute, accident de la voie publique)
- Une ingestion de produit toxique (lys, antigel, médicaments humains)
- Des vomissements ou diarrhées hémorragiques répétés
- Une paralysie soudaine des pattes arrière (possible thrombo-embolie aortique)
En cas d’urgence en dehors des heures d’ouverture de votre clinique, vous pouvez contacter le 3115, numéro d’urgence vétérinaire, ou vous rendre directement dans une clinique vétérinaire de garde. Pour les habitants de certaines villes, des structures spécialisées existent : consultez par exemple notre guide des urgences vétérinaires à Lille.
À retenir
- Vaccinez votre chat dès 8 semaines contre le typhus et le coryza, puis ajoutez la leucose s’il sort
- Vermifugez 2 fois par an (chat d’intérieur) ou 4 fois par an (chat d’extérieur)
- Réalisez un bilan sanguin annuel dès 7 ans pour dépister l’insuffisance rénale et le diabète
- Stérilisez votre chatte avant ses premières chaleurs pour réduire de 90 % le risque de tumeurs mammaires
- Un chat qui ne peut plus uriner depuis plus de 12 heures est en danger de mort : consultez immédiatement
Questions fréquentes
Quelle est la maladie la plus courante chez le chat ?
Le coryza félin est la maladie la plus courante chez le chat. Ce syndrome respiratoire, causé par l’herpèsvirus et le calicivirus, touche plus de 50 % des chats non vaccinés. Il se manifeste par des éternuements, un écoulement nasal et oculaire, et une perte d’appétit. La vaccination reste le moyen de prévention le plus efficace.
Les 5 maladies les plus courantes chez les chats sont : le coryza, l’insuffisance rénale chronique (surtout après 10 ans), les affections cutanées (teigne, dermatite allergique), la cystite idiopathique féline et le diabète. Les maladies virales graves comme la leucose (FeLV) et le FIV sont également fréquentes chez les chats non vaccinés ou non castrés ayant accès à l’extérieur.Quelles sont les maladies les plus courantes chez les chats ?
Les symptômes du coryza incluent des éternuements en salve, un écoulement nasal allant du transparent au purulent, une conjonctivite avec des yeux larmoyants ou collés, de la fièvre (au-delà de 39,5 °C), une perte d’appétit et un abattement général. Dans les formes sévères, des ulcères apparaissent sur la langue et les gencives, empêchant le chat de manger.Quels sont les symptômes du coryza du chat ?
La maladie la plus courante liée aux chats en termes de transmission à l’homme (zoonose) est la maladie des griffes du chat (bartonellose). Provoquée par la bactérie Bartonella henselae, elle se transmet par griffure ou morsure et provoque un gonflement des ganglions lymphatiques. La toxoplasmose est une autre zoonose féline importante, particulièrement surveillée chez les femmes enceintes.Quelle est la maladie la plus courante liée aux chats ?
Oui, depuis quelques années, des traitements antiviraux à base de GS-441524 montrent des taux de rémission supérieurs à 80 % dans certaines études. Ces traitements, autrefois accessibles uniquement de manière non officielle, sont de plus en plus disponibles en clinique vétérinaire. Le pronostic dépend de la forme (humide ou sèche) et de la précocité du diagnostic. Consultez votre vétérinaire rapidement si vous suspectez une PIF.Est-ce qu’un chat peut guérir de la PIF ?
Le coût d’une consultation vaccinale pour un chat se situe entre 55 et 85 euros selon les vaccins administrés (typhus-coryza seuls ou avec leucose et rage). Le protocole chaton nécessite 2 à 3 injections la première année. Certaines mutuelles pour animaux remboursent une partie des frais de vaccination dans leurs formules prévention.Combien coûte la vaccination d’un chat ?
Rédactrice spécialisée en santé animale depuis douze ans. Elle n'est pas vétérinaire et ne délivre aucun avis médical : les articles sont documentaires et ne remplacent pas une consultation.
Sources
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